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Les 233.000 militants du Parti socialiste désignent aujourd'hui le nouveau premier secrétaire du mouvement lors d'un scrutin inédit et serré. Le vote se déroule ce jeudi de 17h00 à 22h00. Si aucun des postulants ne dépasse la barre des 50% plus une voix, un second tour aura lieu demain.
Christophe D. ASSOGBA
Publié par ASSOGBA à 13:47:45 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
Les rideaux sont tombés hier sur le forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé. Au terme de trois jours de travaux, l'Appel à l'Action de Bamako sur la recherche pour la santé a été adopté par les participants.
Le forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé a clôturé ses travaux. Au terme de cette assise consacrée au renforcement de la recherche pour la santé, le développement et l'équité, l'Appel à l'Action de Bamako sur la recherche pour la santé a été adopté par les participants notamment les ministres de la Santé, de la Science, de la Technologie, de l'Enseignement supérieur, de la Recherche des 75 pays représentés au Forum. Unanimement, les ministres, ont reconnu la contribution de la recherche et de l'innovation au développement de solutions aux problèmes de la santé et à l'amélioration de la santé dans le monde entier. Ils ont également reconnu que la recherche et l'innovation doivent «continuer à jouer un rôle clé en abordant les grands défis contemporains dans le domaine de la santé liés à la menace des pandémies, à l'importance croissante des maladies chroniques, aux répercussions des changements climatiques sur la santé, à la qualité de l'eau et à l'assainissement, à la sécurité alimentaire, aux déterminants sociaux de la santé et à la fragilité des systèmes de santé». Selon le constat des ministres, seule une faible partie des dépenses mondiale pour la recherche en santé est consacrée aux problèmes de santé des pays sous-développés ou en voie de développement. «Dans un monde confronté à des défis notables de nature environnementale, démographique, sociale et économique, la recherche sera essentielle pour préciser la nature et la portée des problèmes de santé, pour élaborer et mettre en œuvre des interventions efficaces de secours et accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement». Les participants se disent aussi conscient qu'il est nécessaire de continuer à respecter les engagements pris au sommet de Mexico en 2004 et de réviser souvent les priorités de la recherche pour concentrer les efforts sur les besoins en santé les plus importants. Guidés par les principes de leadership, de l'engagement et de la responsabilisation, les participants à travers les gouvernements nationaux appellent à l'action pour donner la priorité au développement des politiques de recherche et d'innovation pour la santé, allouer au moins 2% des budgets des ministères de la santé à la recherche, améliorer la capacité au niveau des institutions et à travers les systèmes pour la mise en œuvre des politiques de recherche. Ils appellent à élaborer, définir et appliquer «les normes, les règlements et les meilleurs pratiques afin que les processus de la recherche soient responsabilités, équitables et transparents, y compris ceux concernant l'examen et les comportements éthiques, le développement et la fabrication des produits, la qualité et la sûreté des soins pour les patients, l'enregistrements des essais cliniques et la libre et équitable accès à l'information, aux données et aux outils de la recherche». En ce qui concerne les institutions au niveau régional, ils appellent à assister les pays par le biais d'une bonne collaboratrice internationale et à travailler en alliances régionales à promouvoir la recherche et établir des réseaux de chercheurs et des centres régionaux d'excellence etc. A la clôture du forum, le ministre malien de la Santé Oumar Ibrahima Touré a déclaré que la rencontre a atteint ses objectifs et il ne reste qu'à prendre des actions urgentes pour donner à la recherche et à l'innovation toute sa valeur afin qu'il contribue au développement. «L'Appel à l'Action est le résultat de la recherche que tout le monde attendait. Il est judicieux que l'Appel soit approprié par tout le monde », a affirmé Oumar Ibrahima Touré. Il a profité pour remercier les partenaires du forum et les participants pour le travail de qualité abattu pendant les trois jours des travaux. Les représentants de la Banque mondiale, Dr Ok Pannenborg, de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) Dr Luis G Sambo, de l'Organisation des Nations-Unis pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), Dr Junia Hasler, de Global forum for Health Research, le professeur Stephen Matlin et du Conseil de la recherche en santé pour le développement (Cohred), le professeur Carel Ijsselmuiden ont remercié le gouvernement malien pour l'accueil et le sens de l'organisation. Ils ont souhaité que l'Appel à l'Action de Bamako serve de déclic à la recherche en santé pour la résolution des problèmes de santé qui se posent aux populations des pays du monde notamment les plus vulnérables. Procédant à la clôture du forum, le Premier Ministre du Mali, Modibo Sidibé a laissé entendre que l'Appel de Bamako permettra de faire avancer le développement de la recherche pour la santé. «Le Mali fera tout pour mettre en œuvre les différents engagements pris», a-t-il déclaré avant de remercier au nom du président Amadou Toumani Touré les différents partenaires du Forum. Il faut signaler que le prochain forum aura lieu à La Havane à Cuba en 2009 avec pour thème central : «Innovation pour la santé pour tous».
Christophe D. ASSOGBA
Publié par ASSOGBA à 19:53:30 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
BAMAKO, MALI, 17-19 NOVEMBRE 2008
Nous, Ministres de la Santé, Ministres de la Science, de la Technologie, de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, et représentants ministériels de 75 pays
RECONNAISSONS QUE
1. La recherche et l'innovation ont grandement contribué au développement de solutions aux problèmes de santé et à l'amélioration de la santé dans le monde entier;
2. La recherche et l'innovation doivent continuer à jouer un rôle clé en abordant les grands défis contemporains dans le domaine de la santé liés à la menace de pandémies, à l'importance croissante des maladies chroniques, aux répercussions des changements climatiques sur la santé, à la qualité de l'eau et à l'assainissement, à la sécurité alimentaire, aux déterminants sociaux de la santé et à la fragilité des systèmes de santé;
3. Seule une faible proportion des dépenses mondiales pour la recherche en santé et pour le développement est consacrée aux problèmes de santé des pays à revenu faible ou intermédiaire;
4. Dans un monde confronté à des défis notables de nature environnementale, démographique, sociale et économique, la recherche sera essentielle pour préciser la nature et la portée des problèmes de santé, pour élaborer et mettre en oeuvre des interventions efficaces de secours et accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement;
5. La nature de la recherche et de l'innovation pour l'amélioration de la santé est devenue de plus en plus multidisciplinaire, interconnectée et intersectorielle;
6. Les activités de recherche menées par le secteur public et le secteur privé, y compris les partenariats internationaux pour le développement de produits (PDPs), ainsi que la participation accrue de la société civile, peuvent se renforcer mutuellement et être complémentaires dans la poursuite du développement de la santé et de la sécurité, mondialement;
7. Des recommandations relatives à divers aspects importants de la recherche pour la santé figurent dans la Stratégie de recherche pour la santé de l'OMS, la Stratégie et le plan d'action mondiaux pour la santé publique, l'innovation et la propriété intellectuelle (GSPOA), le rapport de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l'OMS, et les travaux du Groupe d'action de haut niveau sur l'élargissement de la recherche pour renforcer les systèmes de santé;
8. L'importance de la recherche en science et technologie pour relever les principaux défis qui ont un impact sur la santé, tels que la pauvreté, les changements climatiques, la dégradation de l'environnement, les soins de santé et les maladies émergentes, sont mis en évidence dans les communiqués de la Table ronde ministérielle «Les sciences fondamentales: la science levier pour le développement» (UNESCO, Paris, octobre 2005) et la Table ronde ministérielle sur la science et la technologie pour le développement durable et le rôle de l'UNESCO (octobre 2007 Paris);
Renforcer la recherche pour la santé, le développement et l'équité
* Liste des ministres et représentants des ministères/ délégations officielles
CONSCIENTS DE LA NECESSITE DE
1. Continuer à bâtir sur les progrès, les réalisations et les engagements pris depuis le Sommet ministériel de Mexico sur la recherche en santé en 2004;
2. Réviser régulièrement les priorités de la recherche pour concentrer ses efforts sur les besoins en santé les plus notables et donner priorité à la recherche abordant les besoins en santé des populations les plus pauvres et les plus défavorisées;
3. Développer la capacité nécessaire pour avoir des systèmes nationaux de recherche en santé robustes qui soient en mesure de remplir efficacement les quatre fonctions clés que sont la gestion, le financement, la création et le maintien de ressources, ainsi que la production, la synthèse et la valorisation des connaissances;
4. Renforcer la confiance du public en assurant la promotion des bonnes pratiques dans la recherche par le développement des normes et des codes de comportement nécessaires dans la conduite de la recherche, et en assurant la responsabilité, la transparence et l'accès aux données de santé, à l'information et aux résultats de la recherche;
5. Promouvoir la traduction et la valorisation de la recherche dans la pratique en renforçant les liens entre la recherche, les bases factuelles, la politique et la pratique;
6. Développer des approches intersectorielles et multidisciplinaires de la recherche pour la santé plus fortes et plus efficaces;
7. Mobiliser tous les partenaires et les acteurs (publics, privés, société civile) pour travailler ensemble dans un partenariat efficace et équitable afin de trouver les solutions nécessaires;
8. Convaincre les gouvernements nationaux de donner la priorité à la recherche pour l'amélioration de la santé par la construction des capacités nécessaires et en veillant à ce que l'intégration de la santé dans toutes les politiques, et pas seulement celles spécifiques au secteur de la santé, repose sur des bases factuelles;
9. Assurer la présence d'un leadership fort en matière de santé, de développement et d'équité; obtenir l'engagement de toutes les parties concernées dans la recherche et l'innovation pour la santé; reconnaître la nécessité d'une responsabilisation renforcée des systèmes de recherche dans les efforts visant à répondre aux besoins indiqués ci-dessus;
10. Reconnaître et prendre en considération les recommandations des différentes réunions régionales préparatoires ayant conduit au Forum de Bamako;
11. Accorder une attention particulière au potentiel de la recherche pour répondre aux besoins urgents en santé de l'Afrique;
GUIDES PAR LES PRINCIPES DU LEADERSHIP, DE L'ENGAGEMENT ET DE LA RESPONSABILISATION,
APPELONS A L'ACTION PAR
Les gouvernements nationaux
1. Pour donner la priorité au développement des politiques de recherche et d'innovation pour la santé dans le cadre plus large de leurs stratégies nationales;
2. Pour améliorer les capacités des systèmes à mettre en oeuvre les politiques de recherche, y compris par un financement et des infrastructures adéquats, la formation, le recrutement et des stratégies pour retenir les chercheurs, et l'évaluation de l'impact de la recherche;
3. Pour définir et appliquer les normes, les règlements et les meilleures pratiques afin que les processus de la recherche soient équitables et transparents, y compris ceux concernant l'examen éthique, le développement et la fabrication de produits, l'enregistrement des essais cliniques et l'accès libre à l'information;
4. Pour assurer la traduction des connaissances par le développement d'interventions efficaces, de politiques et de pratiques reposant sur des bases factuelles, et une communication efficace avec le public afin de promouvoir des comportements sains et d'avoir la confiance du public;
5. Pour mettre en place des mécanismes efficaces de coordination de la recherche intersectorielle, interministérielle et transfrontalière pour faire face aux défis complexes dans le domaine de la santé;
6. Pour renforcer la collecte efficace d'informations et de données en santé fiables selon les normes internationales, et maximiser la mise à disposition libre et sans restriction de ces données dans le domaine public;
Tous les principaux partenaires et parties concernées, dans le cadre des priorités, des capacités, des normes et de la traduction
7. Pour exploiter le potentiel de la recherche en s'appuyant sur les nouvelles sciences, les technologies émergentes et les innovations technologiques et sociales pour traiter des défis sanitaires prioritaires liés au développement de la santé, à la sécurité sanitaire et aux systèmes de santé:
7.1 La recherche pour le développement de la santé
Objectif : promouvoir le développement de produits et de technologies pour diminuer les problèmes de santé dans les pays en développement, pour redresser le déséquilibre actuel et l'inéquité relative à la différence en ressources pour la recherche sur les maladies négligées, et supprimer les obstacles à l'accès aux produits de la recherche et de l'innovation; Recommandation : Poursuivre la R & D dans le développement de nouveaux médicaments, vaccins et tests diagnostiques pour les maladies négligées de la pauvreté, notamment en évaluant le rôle des partenariats pour le développement de produits (PDP), en mettant en oeuvre la GSPOA, et en étendant la recherche pour le développement de la santé, de manière à inclure les maladies chroniques et les autres défis émergents en santé, y compris la recherche pour mieux comprendre les transitions démographiques et épidémiologiques et leurs facteurs de causalité;
7.2 La recherche pour la sécurité sanitaire
Objectif : promouvoir la recherche sur les menaces communes à tous les pays et les opportunités pour la sécurité sanitaire comprenant - mais pas exclusivement limitées à ceux-ci - les déterminants sociaux de la santé, les menaces de pandémie, les répercussions des changements climatiques sur la santé, la sécurité alimentaire, les maladies chroniques, la migration et le vieillissement.
Recommandation : développer des arrangements organisationnels transsectoriels et transnationaux effectifs, tels que les coalitions mondiales ou les initiatives ayant une cible spécifique, pour atteindre l'objectif indiqué ci-dessus dans tous les défis soulevés par la sécurité sanitaire.
7.3 La recherche pour des systèmes de santé
Objectif : améliorer la mise en oeuvre des interventions existantes, éprouvées et de bon rapport coût efficacité.
Recommandations : mettre en place des observatoires des systèmes de santé pour aider les pays à évaluer la performance du système de santé en utilisant des informations en santé comparables; soutenir la recherche pour atteindre de meilleures synergies entre les systèmes de santé et les initiatives globales en santé; poursuivre plus de recherche dans le plan des systèmes de santé sur -mais pas exclusivement limité à- la gestion du personnel de santé, le financement pour une couverture universelle et les rôles respectifs du secteur public et du secteur privé; poursuivre la recherche destinée à informer les pays sur le développement et la mise en oeuvre des e-technologies pour la santé; appuyer fortement la recherche évaluative destinée à mieux comprendre l'impact des efforts réalisés pour renforcer les systèmes de santé; organiser le premier symposium mondial sur la recherche sur les systèmes de santé en 2009 pour établir une communauté mondiale de praticiens et une bibliothèque mondiale de bases factuelles sur les systèmes de santé.
8. Pour renforcer la collaboration internationale dans la recherche par le développement d' un code de conduite pour les partenariats entre les bailleurs de fonds externes et les institutions nationales de recherche; en assurant un accès juste et équitable aux produits de la recherche; et en encourageant l'inclusion des acteurs publics et privés, des différents secteurs et disciplines, de la société civile, et des organisations locales, nationales et internationales dans le contenu et le processus de la recherche;
9. Pour faciliter le transfert de technologie et explorer de nouvelles façons d'inciter à l'innovation technologique sanitaire et sociale dans les pays en développement, y compris la création de mécanismes novateurs de financement, tels qu'un fonds mondial pour la recherche en santé et l'innovation;
Les bailleurs de fonds de la recherche et de l'innovation et les agences de développement internationales
10. Pour mieux harmoniser et aligner leurs activités destinées à remédier aux lacunes dans les connaissances, renforcer la capacité pour la recherche et l'innovation, amener des ressources dans les domaines négligés de la recherche et allouer des fonds pour appuyer la traduction et l'évaluation comme faisant partie du processus de recherche;
11. Pour investir dans la recherche et le renforcement des capacités de recherche au moins 5% de l'aide dédiée au secteur de la santé ;
12. Pour augmenter leur appui dans le renforcement des systèmes nationaux de recherche pour la santé des pays africains;
L'Organisation mondiale de la Santé, l'UNESCO et les autres agences et partenaires des Nations Unies
13. Pour améliorer la gestion et la coordination des activités de recherche de l'OMS, et, ensemble avec les États membres et les partenaires, mettre en oeuvre sa nouvelle Stratégie de recherche pour la santé comme un moyen de mobiliser la recherche pour l'amélioration de la santé, reflétant les recommandations tant de la GSPOA que du Groupe d'action de haut niveau sur l'élargissement de la recherche pour renforcer les systèmes de santé;
14. Pour promouvoir la recherche pour la santé au sein de l'UNESCO comme une question intersectorielle importante dans le renforcement des capacités et dans les conseils donnés aux gouvernements dans les secteurs de l'éducation, des sciences, de la culture et de la communication;
15. Pour évaluer l'efficacité et l'intérêt des quatre forums ministériels annuels avant de convoquer un autre forum intersectoriel de haut niveau, pour s'entendre sur, et approuver, les priorités de la recherche mondiale pour la santé;
16. Pour renforcer leur coordination et actions conjointes dans le large éventail de domaines influant sur la santé lorsque leurs mandats se chevauchent, comme c'est le cas pour l'innovation technologique et sociale, les droits de propriété intellectuelle, l'éthique, l'environnement et les changements climatiques, la sécurité alimentaire et la sécurité;
17. Pour établir le 18 novembre comme la Journée mondiale de la Recherche pour la santé.
Publié par ASSOGBA à 19:49:05 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
La recherche en santé dans les pays ouest africains francophones est encore limitée et tributaire de l'aide extérieur. La décision de consacrer 1% du Produit Intérieur Brut (PIB) de chaque pays à la recherche est encore loin d'être une réalité dans la plupart des Etats francophones de l'Afrique de l'ouest. Les chercheurs demandent un effort soutenu de la part des gouvernements de leurs pays.
Le financement de la recherche dans les pays ouest africains francophones a été au centre d'un panel du Forum ministériel mondial de Bamako sur la recherche pour la santé. Les chercheurs constatent que la recherche en Afrique met en évidence une inégalité criarde entre les pays anglophones et francophones. «Les pays anglophones ont une certaine tradition de la recherche que n'ont pas les pays francophones. Aussi il est difficile pour les francophones de se mettre à ce niveau», déclare le Dr Léonard Fourn, président de l'Association des Chercheurs du Bénin. Selon ce chercheur, la recherche n'est pas une priorité pour les gouvernements des pays francophones. «Elle n'existe pas dans les plans de développement. D'où la difficulté des chercheurs de l'espace francophone de trouver des financements», indique-t-il. Il sera appuyé par le Dr Gilbert Soffo du Cameroun qui estime que la mobilisation des ressources pour la recherche est un véritable casse-tête dans les Etats francophones ouest africains. Et cela en dépit toujours de l'engagement pris il n'y a pas longtemps par les Etats africains pour consacrer 1% de leur Produit Intérieur Brut (PIB) à la recherche. Un engagement qui demeure encore un vœu pieux. «Rares sont les pays francophones qui ont atteint 1% du PIB. Le Bénin est à 0,06%. Au Mali, c'est 0,15%», note le Dr Léonard Fourn. Le problèmes de financement se pose et les chercheurs sont obligés de se tourner vers l'extérieur», ajoute-il.
Intégrer la recherche dans les Plans de développement
Pour corriger l'inégalité entre les Etats anglophones et francophones et permettre à la recherche de servir de levier au développement, le Dr Fourn préconise que les gouvernants intègrent la recherche comme un outil de développement. «Nous souhaitons que les gouvernants intègrent la recherche dans leur plans de développement, qu'ils considèrent la recherche comme un outil de développement». Le Dr Gilbert Soffo, Chargé de Programme à Zenü Network, une Organisation non gouvernement (Ong) dans la région de Bafoussam à l'ouest du Cameroun souhaite le développement d'un nouveau réflexe au niveau des chercheurs et des politiques pour la mobilisation des ressources nécessaires à la recherche en général et en santé en particulier. Il apprécie l'expérience du Centre de recherches pour le développement internationale en matière de mobilisation des ressources pour financer la recherche et invite les uns et les autres à s'approprier cette expérience novatrice.
Christophe D. ASSOGBA, depuis Bamako
Publié par ASSOGBA à 13:42:41 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
En Afrique, la recherche en santé ne prend pas en compte toutes les affections qui tuent l'homme. De nombreux intervenants au forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé appellent les Etats africains à prioriser leur recherche.
Lorsqu'on fait l'état de la recherche en santé en Afrique, constate Carel Ijsselmuiden, directeur Hollando-Sud africain du Conseil de la recherche en santé pour le développement (Cohred), les maladies infectieuses comme le Vih/Sida, le paludisme et la tuberculose sont les plus privilégiées. Les autres affections tout aussi mortelles telles que la diarrhée, les fièvres hémorragiques, les maladies chroniques comme le cancer, l'hypertension artérielle, le diabète sont malheureusement le parent pauvre en matière de recherche. Si la recherche sur ces maladies ne préoccupe presque pas les quelques centres de recherche qui existent sur le continent, force est de reconnaître qu'elles ne bénéficient pas d'une attention particulière de la part des donateurs. Autrement dit, les bailleurs ne fiancent que les recherches sur le Vih/sida, le paludisme et la tuberculose. Cette situation est due au fait que les gouvernements ne définissent pas leurs priorités de recherche. Une attitude des gouvernements africains que Carel Ijsselmuiden invite à changer afin d'impulser la recherche sur ces affections qui font aussi bien des ravages tel le paludisme ou la tuberculose. D'après les explications de ce spécialiste des questions de recherche en santé, au Mali, pays en avance sur les autres de la sous-région ouest africaine en matière de recherche en santé et dans d'autres domaines comme l'agriculture, le Centre de recherche et de formation sur le paludisme créé en 2003 que dirige le professeur Ogobara Doumbo, un des spécialistes au monde du paludisme est financé non pas par l'Etat malien mais par les Instituts nationaux de santé des Etats-Unis, les Universités de Tulan et du Maryland, de Rome, de Marseille, la Fondation Rockfeller, la Fondation Mérieux, l'Usaid, et l'Agence universitaire de la Francophonie. «Au Mali par exemple, le nouveau centre de recherche sur le paludisme est fiancé par des Instituts nationaux de Santé basés aux Etats-Unis et non par les contribuables du Mali». Un point de vue partagé par son collègue conférencier Lasseni Kouyaté du Ministère malien de la Santé. Carel Ijsselmuiden va plus loin en se demandant comment l'Ouganda qui ne dispose pas d'une politique de recherche, de priorités de recherche ou même d'un directeur de la recherche au niveau de son Ministère de la santé peut discuter avec les bailleurs de fonds sur les questions de recherche ou de financement de la recherche. Quant au Directeur général adjoint de l'Organisation Mondiale de la santé (Oms), Timothy Evans, il a déclaré lors de la journée de la presse organisée le dimanche 16 novembre 2008 en prélude au Forum de Bamako, qu'une évaluation est en cours pour voir comment les priorités de santé peuvent être réorientées par le biais du Fonds mondial. Il a invité les Etats à produire de meilleures bases de données sur certaines maladies. Car, note-t-il : «pour le Nigeria et plusieurs autres pays, nous ne savons pas combien de décès il y a, ni les causes de ces décès». «Il est merveilleux d'avoir plusieurs communications sur le paludisme ou la tuberculose ou une autre maladie mais nous avons besoin d'effectuer plus de recherches pour en savoir plus sur le fonctionnement des systèmes de soins de santé de façon à ce qu'on puisse se pencher sur ces problèmes», a déclaré Ok Pannenborg, Conseiller sanitaire supérieur de la Banque mondiale. «Les fossés en matière de recherche sanitaire ne sont pas le fait du destin, mais des marqueurs d'un échec politique », a indiqué lors de l'ouverture du Forum le Dr Luis Sambo, Directeur régional de l'Oms de Afrique pour souligner l'absence d'efforts soutenus au niveau des Etats pour établir leurs priorités de recherche en santé. «En 2008, ajoute-t-il, la Commission des Déterminants sociaux de la santé a reformulé l'engagement du secteur de la santé. Les larges fossés en matière de résultats sanitaires constituent sa principale préoccupation et son objectif est d'améliorer l'équité. Comme le souligne le rapport, des facteurs relevant de l'environnement social comme la pauvreté, le logement, l'emploi et les occasions offertes en matière d'éducation,-sont les véritables causes profondes des problèmes de santé». C'est d'ailleurs pourquoi le président, Amadou Toumani Touré qui a ouvert le 17 novembre 2008 les travaux du Forum de Bamako dont le thème est : «Renforcer la recherche pour la santé, le développement et l'équité», estime que la recherche en santé «performante» n'est possible en Afrique qu'avec la mise en place d'un système de recherche performant qui doit se focaliser sur les priorités nationales ou sous régionales.
Christophe D. ASSOGBA, depuis Bamako
Publié par ASSOGBA à 12:57:13 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
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