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session ordinaire: discours de Nago | 03 novembre 2008

Nous revoici, après le rendez-vous manqué du mardi 28 octobre dernier pour procéder enfin à l'ouverture solennelle de la seconde session ordinaire de notre institution parlementaire au titre de l'année en cours. Je voudrais, avant tout, vous remercier d'être venus ou revenus pour sacrifier comme à l'accoutumée à cette tradition parlementaire.
Chers collègues Députés,
Après les turbulences qui ont caractérisé ces derniers temps notre Parlement, le moment est venu, me semble t-il, d'assumer avec beaucoup plus de responsabilité le mandat qui nous est confié par le peuple et de prendre les dispositions requises pour régulariser et intensifier le travail parlementaire afin de contribuer à bâtir  aux côtés des autres Institutions de la République, un Bénin que nous serons tous fiers de léguer à la postérité, un Bénin où les citoyens pourront réaliser leurs rêves de vivre dans la prospérité et la paix. Nous devons désormais Mesdames et Messieurs donner l'exemple et faire l'exemple. Il faut l'avouer, ce n'est malheureusement pas le cas depuis quelques mois, au point où beaucoup d'entre nous commencent à douter de notre capacité et de notre volonté à faire de la 5ème législature un exemple et un modèle à suivre.
Chers collègues Députés,
Chers invités,
Mesdames et Messieurs,
La politique relève du domaine des sciences sociales, c'est-à-dire d'un domaine où les données sont en perpétuelle évolution et où les conditions humaines déterminent fondamentalement les actions.
C'est pourquoi, pour être en phase avec les aspirations et les attentes de nos mandants, nous devons, au niveau du Parlement béninois, renforcer nos canaux d'écoute, notre esprit de tolérance et notre capacité de dialogue. La vie démocratique est, en effet, avant tout, une vie de dialogue permanent pour favoriser des consensus qui garantissent l'intérêt général. Je voudrais réaffirmer ici ma disponibilité à demeurer à l'écoute des uns et des autres et à utiliser l'arme de la concertation pour une gestion efficiente des affaires de l'Assemblée Nationale. Je vous invite, chers collègues députés, toutes sensibilités confondues, à vous inscrire dans la même voie que moi afin que les incompréhensions et les difficultés vécues ou entretenues à ce jour, soient passagères et qu'au terme de notre mandat, le bilan de la 5ème législature soit, malgré tout, satisfaisant aussi bien pour nous-mêmes que pour le peuple béninois tout entier. Il y va de l'image de notre législature et du rôle historique que nous souhaitons lui conférer dans le parcours politique et socio-économique de notre pays.
Chers collègues Députés,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Notre pays a enregistré ces derniers mois une série de crises (crise alimentaire, crise énergétique, flambée des prix des produits de grande consommation...) qui ont engendré quelques remous sociaux et surtout d'importantes difficultés au niveau des populations.
Par ailleurs, certains pays développés traversent actuellement une crise financière particulièrement grave qui a déjà provoqué plusieurs dizaines de milliers de pertes d'emploi, notamment dans le secteur de la finance. Selon les prévisions du Fonds Monétaire International (FMI), nous nous acheminons vers un ralentissement considérable de la croissance mondiale.
En effet, la crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis d'Amérique au début de cette année s'est rapidement étendue à l'Europe et à l'Asie du fait de l'intégration financière à l'échelle mondiale. Plusieurs centaines de banques se trouvent aujourd'hui secouées à la fois en Amérique, en Europe et en Asie. Les pertes potentielles sont estimées à plus de 1.400 milliards de dollars. Cette crise financière est la conséquence d'une régulation insuffisante des marchés financiers internationaux dominés par une spéculation effrénée. Elle consacre la faillite d'une forme de capitalisme mondial caractérisée par l'accumulation du capital fictif et qui est arrivée à son apogée.
L'économie béninoise qui connaît depuis 2007 une relative stabilité macroéconomique grâce aux efforts du Gouvernement n'est pas à l'abri des répercussions de cette crise financière internationale. 
Ces répercussions sur notre économie pourront se traduire en particulier par la réduction des investissements productifs, la chute de nos exportations vers les pays développés, la baisse du volume des crédits et des subventions extérieurs, la flambée continue des prix des produits importés, la dégradation du système bancaire national, la contraction du crédit bancaire, la chute de la productivité, l'aggravation de la pauvreté et du chômage.
J'invite donc le Gouvernement à prendre toutes les mesures qui s'imposent afin d'amoindrir les effets de cette crise sur l'économie de notre pays et d'assurer la protection du pouvoir d'achat de nos concitoyens.
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,
Face à la crise économique et sociale, le Gouvernement a pris diverses mesures. Mais, ces mesures ne pourront certainement pas régler définitivement les problèmes structurels d'inflation et de baisse du pouvoir d'achat dans notre pays. Il importe donc que les solutions les plus efficaces et durables soient adoptées, notamment par rapport au phénomène de la cherté de la vie.
Nous devons également engager avec l'Exécutif des réflexions profondes sur les problématiques majeures qui se posent à la Nation Béninoise relativement, entre autres, à l'impératif d'autosuffisance alimentaire, à la production et à la distribution sur l'ensemble du territoire national d'énergie électrique à moindre coût, à l'accès des populations à l'eau potable et à la gestion des aléas climatiques.
La présente session ordinaire nous en offre l'occasion. En effet, l'examen minutieux du projet du budget général de l'Etat, gestion 2009, nous permettra d'apprécier les solutions proposées dans ce cadre par l'Exécutif et d'apporter, en cas de besoin, notre contribution pour leur renforcement et leur amélioration. Je ne doute pas un instant qu'au cours des travaux, chacun de nous saura faire prévaloir véritablement l'intérêt supérieur de la nation et contribuera ainsi à doter le pays d'un budget qui permettra au Gouvernement de résoudre bon nombre des problèmes importants des populations au cours de l'année 2009.
C'est ici le lieu de rappeler, Mesdames et Messieurs, que la perversité du système économique et financier mondial fait aujourd'hui de nos pays des acteurs passifs à travers lesquels on expérimente des concepts ou des mesures qui ne sont toujours pas pratiqués dans les pays qui nous les conseillent ou nous les imposent carrément. Je n'en veux pour preuve que toute l'agitation qui se fait aujourd'hui dans les pays développés pour apporter des solutions à la crise financière résultant d'un libéralisme économique total qui privilégie l'économie virtuelle au détriment de l'économie réelle. Ces solutions sont mises en œuvre par des pouvoirs publics avec l'argent public, et avec l'aval du Fonds Monétaire International (F.M.I.), alors qu'on continue de nous imposer les principes de désengagement de l'Etat des principaux secteurs économiques. Ainsi, le Gouvernement américain a adopté récemment un plan d'un montant de 700 milliards de dollars, soit près de 350.000 milliards de francs CFA, pour sauver le système bancaire des Etats-Unis d'Amérique de la banqueroute ; de même, différents Etats Européens ont décidé d'injecter sur leurs marchés monétaires respectifs plusieurs centaines de milliards d'euros pour tenter de juguler la crise à l'échelle européenne.
Il convient également de souligner que tous les plans adoptés jusque-là pour juguler la crise financière ne font pas cas des pays pauvres malgré les répercussions graves que celle-ci peut engendrer sur les économies de ces pays, du fait du phénomène de la globalisation et de l'intégration mondiale.
Mesdames et Messieurs,
Sur un autre registre, il me plaît de signaler que l'ouverture de la présente session budgétaire intervient au lendemain de la rentrée scolaire avec son cortège d'angoisse et d'espérance tant pour les élèves, les enseignants que pour les parents.
Je voudrais donc saisir cette occasion pour féliciter tous les acteurs du système éducatif pour avoir réussi le pari des examens de l'année scolaire et universitaire écoulée et celui de la rentrée scolaire 2008 - 2009. Je voudrais surtout les encourager à tout mettre en œuvre pour que cette année scolaire se déroule correctement et conduise à des résultats satisfaisants pour tous les acteurs. Je souhaite vivement que le dialogue soit privilégié et maintenu à tous les niveaux pour la recherche de solutions consensuelles durables aux problèmes demeurés encore en suspens.
Mes chers collègues députés,
D'Avril 2008 à ce jour, l'Assemblée Nationale a tenu une session ordinaire (la première de l'année) et six sessions extraordinaires. Malheureusement, ces sessions n'ont pas permis à la Représentation Nationale d'examiner beaucoup de dossiers. Nous nous sommes enlisés dans des discussions, voire des querelles stériles qui n'ont pas toujours grandi notre Parlement. Nous nous devons de le reconnaître, afin de prendre de nouveaux engagements plus positifs pour l'avenir.
J'ose espérer, chers collègues, que nous prendrons véritablement un nouveau départ à partir de la présente session ordinaire qui, comme vous le savez, sera essentiellement consacrée à l'étude du projet de loi de Finances, gestion 2009.
 En dehors du Budget général de l'Etat, nous aurons à nous pencher, au cours de cette session,  sur divers autres points dont les principaux sont :
§          le rapport d'activités du Président de l'Assemblée Nationale pour la période allant d'avril à octobre  2008 ;
§          l'élection des représentants de l'Assemblée Nationale à la Haute Cour de Justice et dans les Parlements régionaux ;
§          le projet de loi relative aux lois de finances et décret portant règlement général sur la comptabilité publique adopté par les instances de l'UEMOA en vue de l'harmonisation des dispositions législatives et réglementaires du Bénin ;
§          le projet de loi instituant le Médiateur de la République ;
§          le projet de loi portant lutte contre la corruption en République du Bénin ;
§          le projet de loi portant code des marchés publics et des délégations de service public ;
§          le projet de loi portant code pénal ;
§          le projet de loi portant code de procédure pénale ;
 §          le projet de loi portant création, organisation et fonctionnement des offices à caractère social, culturel et scientifique ;
§          le projet de loi portant gestion de l'eau en République du Bénin ;
§          les projets de loi portant loi de règlement définitif du budget de l'Etat, gestion 2001 et gestion 2002 ;
§          le projet de loi organique fixant la liste des hauts fonctionnaires de l'Etat dont la nomination est faite par le Président de la République en conseil des ministres ;
§          les questions adressées au Gouvernement ;
§          divers projets de loi portant autorisation de ratification d'accords de crédits et de conventions.
                       
Honorables députés,
Mesdames et Messieurs,
J'attends de chacun de nous une disponibilité totale et un souci permanent de privilégier dans nos propositions et nos décisions l'intérêt supérieur du peuple béninois. Il y va de la crédibilité de l'Institution Parlementaire. Le monde entier nous regarde ; notre peuple nous observe et nous n'avons pas le droit de décevoir ses attentes.

Je ne saurais terminer sans réitérer ma profonde reconnaissance à tous nos partenaires au développement pour la diligence  avec laquelle ils ont toujours répondu aux nombreuses sollicitations de notre pays et le soutien qu'ils lui ont toujours  apporté pour la résolution des grands problèmes sociaux et économiques que rencontre la Nation Béninoise. Je reste convaincu que leur appui nous sera toujours garanti.
En souhaitant pleins succès à nos travaux, je déclare ouverte la deuxième session ordinaire de l'année 2008.
Vive la Démocratie !
Vive le Bénin !

Je vous remercie.

 

Publié par ASSOGBA à 01:02:33 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Johnson confirme : Blaise a assassiné Thomas Sankara | 31 octobre 2008

Blaise Compaoré a planifié l'assassinat de Thomas Sankara pour prendre le pouvoir au Burkina Faso. C'est ce qu'affirme Prince Johnson, actuel sénateur au Libéria et ancien mercenaire qui, aux côtés de Charles Taylor, a participé à ce coup d'État. Prince Yormie Johnson, seigneur de guerre en costume, connu pour avoir torturé à mort le président du Libéria Samuel Doe, est digne de foi pour trois raisons. La première est que son témoignage, prononcé devant la « Commission vérité et réconciliation » du Libéria le 26 août dernier, n'était absolument pas central, plutôt anecdotique dans le flot de révélations sur les 10 ans de guerre civile du Libéria et l'épopée sanglante de Charles Taylor. Il ne représentait pour lui aucun enjeu. La seconde est qu'il confirme ses dires, au micro de RFI ce 25 octobre, et dans l'autobiographie qu'il a publié en 2003, où il relate ce qu'il a vu et entendu comme témoin de premier plan. La troisième raison qui donne pleine crédibilité à ses accusations, est surtout qu'elles corroborent toutes les enquêtes et les témoignages recueillis sur cette affaire jusqu'à ce jour. (http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_73998.asp) Plus la peine donc, de tourner autour du pot, quand les précautions journalistiques commandaient, durant plus de vingt ans, de formuler tout bas ce qui se disait tout haut dans les rues de Ouagadougou : "Blaise Compaoré est devenu président à la faveur de l'assassinat de Thomas Sankara". Cette manière de dire sans dire, de pointer quelque légitimes interrogations, de demander pourquoi Blaise n'a jamais rendu visite aux parents Sankara, qui étaient aussi les siens, de mettre en doute la version officielle, le fait que des soldats puissent prendre seuls la décision d'assassiner un président, que le certificat de décès de Thomas Sankara établisse une "mort naturelle", tout cela n'a donc plus cour. Et la presse du Burkina, timorée au lendemain du témoignage du Sénateur Johnson face à la Commission vérité et réconciliation, n'a plus à se censurer. Pour la première fois, un témoin de premier plan raconte les faits. A RFI et à l'AFP, Prince Johnson a affirmé avoir participé avec d'autres mercenaires à l'assassinat de Thomas Sankara, en 1987, après que Blaise Compaoré leur eut demandé de l'"évincer du pouvoir". "Le numéro deux, Blaise Compaoré, a demandé de l'aider à obtenir l'éviction du pouvoir de Thomas Sankara. Il a dit que c'était la seule façon pour nous de pouvoir vivre au Burkina sans aucune menace. Et Sankara a été tué. Nous l'avons fait parce que c'était le seul moyen pour nous de rester au Burkina et de préparer notre attaque contre Doe", a-t-il déclaré. Devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, en 2004, le général John Tarnue, ancien commandant général des forces armées du Libéria, avait déjà raconté cet épisode, en évoquant une rencontre vers le mois d'aout 1987 entre Blaise Compaoré, Charles Taylor, Prince Yormie Johnson, Samuel Varney, Duopo et « d'autres membres entraînés des forces rapprochées du Liberia ». « Et alors ils se sont entendus, se sont regroupés et ont suivi Blaise Compaoré. La même année 1987, ils ont assassiné Thomas Sankara » a relaté John Tarnue. (http://www.thomassankara.net/article.php3 ?id_article=0168) Dans son autobiographie publiée en 2003, Prince Johnson explique que, quand Sankara a eut connaissance du projet de coup d'état, il a refusé que son pays soit utilisé pour déstabiliser le Liberia. Ainsi Taylor a conspiré avec Compaoré pour assassiner le Président, a écrit Johnson. Ce dernier a même tendance à s'attribuer davantage d'importance dans ce coup d'État en sous entendant qu'il aurait directement participé à cet assassinat. On sait pourtant que les soldats chargés de liquider le président étaient Burkinabés, et leurs noms ont été publiés. De là peut-être, la raison pour que le porte-parole du gouvernement burkinabè, Philippe Sawadogo, dénonce lundi 27 octobre sur Radio France internationale, "des affirmations basées sur des éléments un peu dignes de fiction", voire des "affabulations". (http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_74046.asp) Encore que selon l'historien Stephen Ellis, Prince Johnson n'était pas si loin d'assassiner Thomas Sankara. Citant des sources proches de Prince Johnson, l'historien explique que le 15 octobre 1987, les “Libériens auraient sécurisé le périmètre autour du Conseil de l'Entente pendant que les Burkinabé étaient à l'intérieur. Compaoré contrôlait bien ses commandos mais n'était pas sur des réactions des autres unités militaires.” Car pour le reste, les accusations de Prince Johnson sont très peu “dignes de fiction”. Ainsi, le très sérieux chercheur Stephen Ellis, écrivait en 1999 dans The Mask of Anarchy (New York University Press, 1999, p. 68) : "Prince Johnson et Samuel Varney (...) étaient parmi les déserteurs de l'armée libérienne présents au Burkina Faso. Ces libériens ont alors été approchés par Blaise Campaoré qui a sollicité leur aide pour un coup d'état contre le président du Burkina, Thomas Sankara. Selon un ancien assistant de Compaoré, Houphouet Boigny était au courant des ambitions de Compaoré. Le 15 octobre 1987 des soldats burkinabés sous le commandement de Compaoré, avec l'aide d'un groupe d'exilés libériens incluant Prince Johnson, tuèrent Thomas Sankara." En 1992, le journaliste nigérian M. Nkem Agetua affirmait déjà, dans son ouvrage publié à Lagos "Operation Liberty, the Story of Major General Joshua Nimyel Dogonyaro", que Charles Taylor était associé à la mort de Sankara. Prince Johnson n'a rien fait d'autre que de confirmer que son groupe de mercenaires libériens, commandés alors par Charles Taylor, était venu au Burkina préparer le renversement du président libérien Samuel Doe et qu'ils avaient du pour cela, s'acquitter d'une première tache. Dans le même entretien à RFI, il a affirmé que l'ancien président ivoirien Houphouet Boigny, disparu en 1993, était favorable au renversement de Sankara et avait permis aux mercenaires libériens de "passer par son pays pour aller au Burkina". Là encore, François Xavier Veschave fut l'un des premiers à expliquer la connivence entre Kadhafi, Charles Taylor et Houphouet Boigny (lequel veut se venger de Samuel Doe). Un réseau d'intérêts entre chefs d'États pour lequel, selon Verschave, « l'élimination du président Thomas Sankara est sans doute le sacrifice fondateur ». Philippe Sawadogo peut donc bien considérer ces accusations comme "une intention d'atteinte à notre image". Pour "l'atteinte à l'image", le porte parole du gouvernement du Burkina Faso a parfaitement raison. Quand à "l'intention", encore faut-il déterminer quelle puissance peut parvenir à réunir des témoignages aussi semblables de milieux si divers. A part bien sûr, la réalité historique. Faute d'éclaircissements de la part du principal accusé, qui a toujours nié être impliqué dans cet assassinat, il faut bien se contenter de ces débuts de vérité qui affleurent au fil du temps. A moins que Blaise Compaoré ne se decide, comme au Libéria, de faire oeuvre de vérité comme l'y exhorte l'Union pour la renaissance / Mouvement sankariste (UNIR/MS). http://www.thomassankara.net/article.php3 ?id_article=0640 Rémi RIVIERE remiriviere.pb@gmail.com; http://www.thomassankara.net/article.php3?id_article=0677

Publié par ASSOGBA à 07:17:57 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Lettre a Blaise Copaore | 31 octobre 2008

Mercredi 3 septembre 2008 Monsieur le Président, Comparaissant volontairement et librement devant la Commission vérité et réconciliation mise en place par le peuple et le gouvernement libériens, Prince Johnson, ancien chef de guerre, a affirmé avoir été sollicité par vous pour participer à l'élimination physique du Président du Conseil national de la révolution, le Capitaine Thomas Sankara. Prince Johnson précise, par ailleurs, que l'on n'était pas dans le faux lorsque l'on a avancé que des Libériens s'étaient, entre autres, chargés de ce "job". Monsieur le Président, Ces graves accusations, relayées tant par la presse tant nationale qu'internationale, vous clouent au pilori. En effet, quand on considère l'implication de la Communauté internationale dans la recherche de la paix au Liberia et la stabilité de ses institutions, on mesure toute l'importance de cette commission vérité et réconciliation et toute la solennité que commande le repentir chez un homme comme Prince Johnson. De ce fait, l'on peut également mesurer combien les déclarations faites devant cette commission valent leur pesant d'or pour le retour de la paix au Liberia et la réconciliation de ses fils. Pendant que tous les autres pays alentour affrontent courageusement leur passé pour construire leur avenir, vous avez malheureusement emmuré le Burkina Faso sous une chape lourde et épaisse depuis vingt et un (21) ans, en faisant tuer votre ami et frère d'armes avec l'aide de mercenaires comme Prince Johnson et Charles Taylor, à qui vous avez renvoyé l'ascenseur au Liberia de la manière que l'on sait désormais ici et partout ailleurs. "Les fuites en avant ne serviront à rien" Ces révélations, Monsieur le Président, vous accusent, et l'histoire vous rattrape en dépit des travestissements multiples et des incessantes manipulations sur les plans judiciaire et diplomatique. Aussi, au moment où le Tribunal pénal international (TPI) pour le Liberia examine ces dossiers, il est grand temps, il est impérieux, Monsieur le Président, que vous rompiez enfin le silence pour faire face courageusement à vos responsabilités aussi bien dans l'assassinat du Président Thomas Sankara que dans les autres crimes odieux commis en collusion avec des Libériens comme Prince Johnson et Charles Taylor, tous commandités par des intérêts étrangers. C'est pourquoi l'Union pour la renaissance/Mouvement sankariste (UNIR/MS), saisissant cette opportunité des déclarations publiques et officielles de l'ex-chef de guerre Prince Johnson, vous demande instamment une explication. Le peuple burkinabé, à l'instar de celui du Liberia, a droit à la vérité comme condition sine qua non de la réconciliation et de l'unité nationale, comme facteur incontournable de progrès et d'enracinement de la démocratie. Les fuites en avant ne serviront à rien, Monsieur le président, car, comme vous le savez bien, aussi longue que soit la nuit, viendra nécessairement le jour. Pour l'heure et en tout état de cause, l'UNIR/MS se réserve, le cas échéant, le droit de demander votre comparution à titre tout au moins de témoin devant le TPI, que nous pourrions saisir par l'effet de connexité. En attendant, elle vous interpelle vivement à bien vouloir répondre très diligemment aux accusations faites publiquement contre vous par Prince Johnson. Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'expression de notre inébranlable détermination. Avec le peuple, victoire ! Ouagadougou, le 2 septembre 2008 Maître Bénéwendé S. Sankara Source : http://www.thomassankara.net/article.php3?id_article=0640

Publié par ASSOGBA à 07:16:53 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Burkinabè et Ivoiriens ont soutenus la rebellion au Libéria | 31 octobre 2008

Derrière les révélations de Prince Johnson, les soutiens burkinabè et ivoirien à la rébellion du Liberia Sans surprise, les pouvoirs ivoirien et burkinabè,mis en cause par le rebelle libérien dans l'assassinat de l'ancien président burkinabè Thomas Sankara en 1987, ont rejeté ses révélations ce lundi. Une affaire qui met en lumière les soutiens dont ont bénéficié à l'époque les futurs rebelles libériens. Les réactions se sont multipliées après les révélations réititérées ce week-end auprès des médias de l'ancien chef de guerre libérien Prince Johnson, qui tout comme le 29 août devant la Commission Vérité et réconciliation, s'est une nouvelle fois accusé du meurtre de Thomas Sankara, en octobre 1987. Selon lui, le crime a été commandité par l'actuel chef de l'état burkinabè Blaise Compaoré, avec l'aval de l'ancien président ivoirien, Felix Houphouët-Boigny. Vingt et un an après cet assassinat, c'est avec suspicion que le gouvernement burkinabè a accueilli les propos de Prince Johnson. Pour le porte-parole de l'exécutif, Philippe Sawadogo, l'aveu tardif de l'ancien chef de guerre n'est que mensonges et affabulations : « Pour moi,ce ne sont pas des accusations avérées... 21 ans avec des aveux basés sur des éléments dignes de fiction, je me dis : qui est derrière ces affabulations ? » Pour l'entourage de la veuve de Thomas Sankara, les déclarations de Prince Johnson ne font que confirmer la rumeur persistante de l'implication de Blaise Compaoré dans cet assassinat. Et pour Maitre Nkounkou, l'un des avocats français de Mariam Sankara, accuser Prince Johnson de mentir n'est qu'une énième manoeuvre de la part de Ouagadougou : « C'est ce qu'on dit toujours quand on a été plusieurs voleurs... Le 40e n'a pas de parole mais les 39 autres connaissent la vérité... Prince Johnson est bien passé par le Burkina Faso à ce que je sache. Je crois que dans ce dossier, chacun essaie toujours de cracher sur le cadavre de Thomas Sankara et ça c'est inacceptable.» Et l'avocat précise qu'il pourrait utiliser ce nouveau témoignage devant la justice burkinabè. Les liaisons dangereuses entre les futurs rebelles libériens, et les pouvoirs ivoirien et burkinabè Nous sommes au Liberia, fin 1985. Thomas Quiwonkpa est assassiné par les soldats de Samuel Doe. Le jeune général vient d'échouer dans sa tentative de renverser le régime qu'il a contribué à installer 5 ans plus tôt. Pour éviter la purge, des officiers de sa communauté prennent la fuite. Parmi eux, son aide de camp, Prince Johnson. Les chemins de l'exil les mènent au Burkina Faso où ils retrouvent Charles Taylor, tout juste évadé d'une prison américaine. Là, le petit groupe d'exilés libériens reçoit le soutien du ministre d'état Blaise Compaoré et du président ivoirien Felix Houphouët-Boigny. A l'époque, le Burkina Faso est un refuge pour les révolutionnaires du continent. Quand au chef de l'Etat ivoirien, il n'a toujours pas pardonné à Samuel Doe le meurtre du fils de l'ex-président William Tolbert, Adolphus Tolbert. La politique rejoint ici les affaires familiales : le jeune homme était marié à la filleule d'Houphouët. Le séjour burkinabè des insurgés libériens prend fin après l'assassinat de Thomas Sankara en octobre 87. Grâce à l'entremise de Blaise Compaoré, Charles Taylor, Prince Johnson et les autres fondateurs du NPFL (Front national patriotique du Liberia) s'envolent pour la Libye pour parfaire leur formation militaire. Deux ans plus tard, à Noël 89, une centaine de rebelles libériens lancent depuis l'ouest ivoirien leur première attaque contre le régime Doe. On retrouvera ensuite dans les rangs du NPFL des dizaines d'instructeurs burkinabè. http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_74046.asp RFI

Publié par ASSOGBA à 07:14:49 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Prince Johnson : C'est Compaoré qui a fait tuer Sankara, avec l'aval d'Houphouët-Boigny | 31 octobre 2008

C'est une exclusivité RFI. Pour la première fois depuis son passage spectaculaire devant la commission Vérité et réconciliation le 29 août, Prince Johnson, l'ancien chef rebelle libérien, a donné des détails ce week-end sur son rôle dans la mort du président burkinabè, tué en octobre 1987. Cette fois-ci c'est au micro de RFI qu'il s'est confié. A l'époque, Prince Johnson s'entraînait au Burkina Faso. Selon lui, la mort de Sankara aurait été décidée par son bras droit et successeur, l'actuel numéro un burkinabè Blaise Compaoré, avec l'aval du président ivoirien de l'époque, Félix Houphouët-Boigny. Blaise Compaoré a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans la mort de Thomas Sankara

Prince Johnson a d'abord rendu hommage à l'ancien président burkinabè, qui pour lui était un homme exceptionnel, aimé par son peuple et par le monde extérieur. Mais il fallait se débarrasser de lui : « La seule option pour notre formation, rester au Burkina puis aller en Libye, était de répondre positivement à la requête de Blaise, c'est-à-dire se débarrasser de Thomas Sankara qui était contre notre présence au Burkina ».

A la question de savoir s'il a été facile de se débarrasser de Thomas Sankara, Prince Johnson répond que le vrai maître des lieux à cette époque-là était plutôt l'actuel président : « Franchement, Sankara n'était qu'un chef cérémonial, c'est Blaise Compaoré qui contrôlait tout, les casernes et la garde présidentielle donc il était très facile de s'infiltrer ».

Prince Johnson est allé plus loin en citant le nom de l'ancien président ivoirien, Félix Houphouët Boigny : « Il voulait la chute de Sankara pour que nous puissions suivre notre formation et retourner au Liberia pour tuer Doe (Samuel K. Doe, président du Liberia à cette époque, NDLR) parce que Doe a tué son beau-fils, William Tolbert junior... »

http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_73998.asp

Rfi


 

Publié par ASSOGBA à 07:08:49 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

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