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La recherche en santé dans les pays ouest africains francophones est encore limitée et tributaire de l'aide extérieur. La décision de consacrer 1% du Produit Intérieur Brut (PIB) de chaque pays à la recherche est encore loin d'être une réalité dans la plupart des Etats francophones de l'Afrique de l'ouest. Les chercheurs demandent un effort soutenu de la part des gouvernements de leurs pays.
Le financement de la recherche dans les pays ouest africains francophones a été au centre d'un panel du Forum ministériel mondial de Bamako sur la recherche pour la santé. Les chercheurs constatent que la recherche en Afrique met en évidence une inégalité criarde entre les pays anglophones et francophones. «Les pays anglophones ont une certaine tradition de la recherche que n'ont pas les pays francophones. Aussi il est difficile pour les francophones de se mettre à ce niveau», déclare le Dr Léonard Fourn, président de l'Association des Chercheurs du Bénin. Selon ce chercheur, la recherche n'est pas une priorité pour les gouvernements des pays francophones. «Elle n'existe pas dans les plans de développement. D'où la difficulté des chercheurs de l'espace francophone de trouver des financements», indique-t-il. Il sera appuyé par le Dr Gilbert Soffo du Cameroun qui estime que la mobilisation des ressources pour la recherche est un véritable casse-tête dans les Etats francophones ouest africains. Et cela en dépit toujours de l'engagement pris il n'y a pas longtemps par les Etats africains pour consacrer 1% de leur Produit Intérieur Brut (PIB) à la recherche. Un engagement qui demeure encore un vœu pieux. «Rares sont les pays francophones qui ont atteint 1% du PIB. Le Bénin est à 0,06%. Au Mali, c'est 0,15%», note le Dr Léonard Fourn. Le problèmes de financement se pose et les chercheurs sont obligés de se tourner vers l'extérieur», ajoute-il.
Intégrer la recherche dans les Plans de développement
Pour corriger l'inégalité entre les Etats anglophones et francophones et permettre à la recherche de servir de levier au développement, le Dr Fourn préconise que les gouvernants intègrent la recherche comme un outil de développement. «Nous souhaitons que les gouvernants intègrent la recherche dans leur plans de développement, qu'ils considèrent la recherche comme un outil de développement». Le Dr Gilbert Soffo, Chargé de Programme à Zenü Network, une Organisation non gouvernement (Ong) dans la région de Bafoussam à l'ouest du Cameroun souhaite le développement d'un nouveau réflexe au niveau des chercheurs et des politiques pour la mobilisation des ressources nécessaires à la recherche en général et en santé en particulier. Il apprécie l'expérience du Centre de recherches pour le développement internationale en matière de mobilisation des ressources pour financer la recherche et invite les uns et les autres à s'approprier cette expérience novatrice.
Christophe D. ASSOGBA, depuis Bamako
Publié par ASSOGBA à 13:42:41 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
En Afrique, la recherche en santé ne prend pas en compte toutes les affections qui tuent l'homme. De nombreux intervenants au forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé appellent les Etats africains à prioriser leur recherche.
Lorsqu'on fait l'état de la recherche en santé en Afrique, constate Carel Ijsselmuiden, directeur Hollando-Sud africain du Conseil de la recherche en santé pour le développement (Cohred), les maladies infectieuses comme le Vih/Sida, le paludisme et la tuberculose sont les plus privilégiées. Les autres affections tout aussi mortelles telles que la diarrhée, les fièvres hémorragiques, les maladies chroniques comme le cancer, l'hypertension artérielle, le diabète sont malheureusement le parent pauvre en matière de recherche. Si la recherche sur ces maladies ne préoccupe presque pas les quelques centres de recherche qui existent sur le continent, force est de reconnaître qu'elles ne bénéficient pas d'une attention particulière de la part des donateurs. Autrement dit, les bailleurs ne fiancent que les recherches sur le Vih/sida, le paludisme et la tuberculose. Cette situation est due au fait que les gouvernements ne définissent pas leurs priorités de recherche. Une attitude des gouvernements africains que Carel Ijsselmuiden invite à changer afin d'impulser la recherche sur ces affections qui font aussi bien des ravages tel le paludisme ou la tuberculose. D'après les explications de ce spécialiste des questions de recherche en santé, au Mali, pays en avance sur les autres de la sous-région ouest africaine en matière de recherche en santé et dans d'autres domaines comme l'agriculture, le Centre de recherche et de formation sur le paludisme créé en 2003 que dirige le professeur Ogobara Doumbo, un des spécialistes au monde du paludisme est financé non pas par l'Etat malien mais par les Instituts nationaux de santé des Etats-Unis, les Universités de Tulan et du Maryland, de Rome, de Marseille, la Fondation Rockfeller, la Fondation Mérieux, l'Usaid, et l'Agence universitaire de la Francophonie. «Au Mali par exemple, le nouveau centre de recherche sur le paludisme est fiancé par des Instituts nationaux de Santé basés aux Etats-Unis et non par les contribuables du Mali». Un point de vue partagé par son collègue conférencier Lasseni Kouyaté du Ministère malien de la Santé. Carel Ijsselmuiden va plus loin en se demandant comment l'Ouganda qui ne dispose pas d'une politique de recherche, de priorités de recherche ou même d'un directeur de la recherche au niveau de son Ministère de la santé peut discuter avec les bailleurs de fonds sur les questions de recherche ou de financement de la recherche. Quant au Directeur général adjoint de l'Organisation Mondiale de la santé (Oms), Timothy Evans, il a déclaré lors de la journée de la presse organisée le dimanche 16 novembre 2008 en prélude au Forum de Bamako, qu'une évaluation est en cours pour voir comment les priorités de santé peuvent être réorientées par le biais du Fonds mondial. Il a invité les Etats à produire de meilleures bases de données sur certaines maladies. Car, note-t-il : «pour le Nigeria et plusieurs autres pays, nous ne savons pas combien de décès il y a, ni les causes de ces décès». «Il est merveilleux d'avoir plusieurs communications sur le paludisme ou la tuberculose ou une autre maladie mais nous avons besoin d'effectuer plus de recherches pour en savoir plus sur le fonctionnement des systèmes de soins de santé de façon à ce qu'on puisse se pencher sur ces problèmes», a déclaré Ok Pannenborg, Conseiller sanitaire supérieur de la Banque mondiale. «Les fossés en matière de recherche sanitaire ne sont pas le fait du destin, mais des marqueurs d'un échec politique », a indiqué lors de l'ouverture du Forum le Dr Luis Sambo, Directeur régional de l'Oms de Afrique pour souligner l'absence d'efforts soutenus au niveau des Etats pour établir leurs priorités de recherche en santé. «En 2008, ajoute-t-il, la Commission des Déterminants sociaux de la santé a reformulé l'engagement du secteur de la santé. Les larges fossés en matière de résultats sanitaires constituent sa principale préoccupation et son objectif est d'améliorer l'équité. Comme le souligne le rapport, des facteurs relevant de l'environnement social comme la pauvreté, le logement, l'emploi et les occasions offertes en matière d'éducation,-sont les véritables causes profondes des problèmes de santé». C'est d'ailleurs pourquoi le président, Amadou Toumani Touré qui a ouvert le 17 novembre 2008 les travaux du Forum de Bamako dont le thème est : «Renforcer la recherche pour la santé, le développement et l'équité», estime que la recherche en santé «performante» n'est possible en Afrique qu'avec la mise en place d'un système de recherche performant qui doit se focaliser sur les priorités nationales ou sous régionales.
Christophe D. ASSOGBA, depuis Bamako
Publié par ASSOGBA à 12:57:13 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
Le chef de l'Etat malien, Amadou Toumani Touré (ATT) a officiellement lancé les travaux du forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé. C'était hier au centre international des conférences de Bamako en présence de nombreuses personnalités membres d'organisations internationales impliquées dans le secteur de la santé et de la recherche.
Le forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé a démarré ses travaux. C'est le chef de l'Etat malien Amadou Toumani Touré qui a lancé les hostilités. Il était entouré pour la circonstance de son Premier ministre malien, de Luis Sambo, directeur Afrique de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la Science et la culture (Unesco), du représentant de la Banque mondiale, de Mme Aissatou Touré, présidente du Conseil de la recherche en santé pour le développement et de Mme Margaret Chan, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. Le thème centrale de ce forum est: «Renforcer la recherche pour la santé, le développement et l'équité». Cette rencontre internationale qui se tient quatre ans après le sommet ministériel sur la recherche en santé qui a eu lieu à Mexico en 2004 a pour but de conduire à de nouvelles perspectives pour la recherche et l'innovation pour la santé. Le forum vise à développer la cohérence et la coordination au niveau mondial et national entre les nombreux acteurs impliqués dans la recherche et l'innovation pour la santé, renforcer la capacité d'action des gouvernements nationaux à développer une recherche pour la santé qui soit systématique et prioritaire, tout en en faisant intégralement partie des systèmes de recherche plus généraux. Il a également pour objectif de faciliter et de renforcer les capacités nationales en matière de gestion des connaissances, de la gouvernance en recherche et d'élaboration de politiques fondées sur des données fiables et promouvoir la confiance du public dans la recherche pour la santé et soutenir la participation d'organisations de la société civile dans l'établissement du programme mondial de la recherche. Il est essentiellement question de passer en revue les différents progrès réalisés depuis 20 ans et en particulier les engagements pris lors des conférences précédentes. C'est l'occasion pour les participants (plus de 1000) de mettre l'accent sur les défis actuels à relever et de replacer la recherche en santé dans le contexte de la recherche pour le développement. Lors de la cérémonie d'ouverture qui a mobilisé personnalités politiques et diplomatiques, chercheurs et experts de différents secteurs liés à la santé, les représentants des partenaires du forum ont tour à tour souligné l'importance de la recherche dans le développement des nations. «L'appel à l'action de Bamako est un résultat de la réunion que tout le monde attend avec impatience. Il est à mon sens très judicieux que cet appel à l'action voue une attention particulière aux besoins pressants de l'Afrique en matière de santé et à la capacité que doit avoir la recherche de répondre à ces besoins. Il est également approprié à mon avis que ce forum de haut niveau visant à renforcer la recherche pour la santé, le développement et l'équité se tienne au Mali, un pays confronté à des problèmes de santé pressants, dont beaucoup sont liés à la pauvreté ou l'accentuent», a affirmé le Dr Luis G. Sambo. «La recherche est une stratégie essentielle qui peut nous aider à atteindre l'objectif de la santé pour tous de différentes façons : en fournissant de nouveaux produits et médicaments encore meilleurs, en élaborant des politiques de santé qui soient actuelles et mieux pensées et en apportant aux patients les connaissances nécessaires pour prendre de bonnes décisions à propos de leur santé. Cette conférence se penchera sur les grands défis que rencontre la recherche en matière de santé. Notre attention se portera également sur la manière dont il faut organiser la recherche, la mener et la gérer afin de relever ces défis», a déclaré Mme Aissatou Touré. Elle ajoute : «l'objectif final de la recherche pour la santé, nous l'avons dit, est une meilleure santé pour tous. Mais pour y arriver, il faut la participation de tous les acteurs issus des différents secteurs et disciplines. Des acteurs importants du paysage de la recherche pour la santé, pourtant souvent oubliés, sont les organisations qui représentent les intérêts de certains groupes de la société à savoir les organisations de la société civile. Elles sont essentielles pour réaliser le potentiel de la recherche pour la santé». A son tour, le président malien a d'abord au nom de ses pairs africains souhaité la bienvenue à ses hôtes. Il a ensuite rappelé les circonstances dans lesquelles se tient le sommet de Bamako. Il aussi souligné l'importance de cette rencontre pour le Mali ainsi que le continent africain et le monde entier. Selon Amadou Toumani Touré, de nombreux défis restent à relever en matière de santé en Afrique. Il a cité entre autres les fardeaux endémiques que sont le paludisme, le Vih/Sida et la tuberculose. A cela s'ajoutent les virus «émergents» comme les fièvres hémorragiques et la grippe aviaire, les épidémies liées aux changements climatiques et les maladies chroniques comme le cancer, l'hypertension artérielle et le diabète. «Un système de recherche performant serait la meilleure approche de prévention et de gestion de ces épidémies et de ces endémies qui peuvent entraver notre développement. Tout en saluant les efforts remarquables déployés par les pays du Nord et les Pays émergents dans la recherche contre ces fléaux, il est important de souligner la nécessité pour l'Afrique de d'engager dans un processus plus volontariste de maîtrise de la science et de la technologie au service de la santé», a affirmé ATT. Tout en se réjouissant des initiatives menées depuis le forum de Mexico en 2004, le président malien estime que le forum de Bamako doit servir de plate-forme mondiale pour un plaidoyer en faveur de la recherche africaine en santé. «Ce renouveau de la recherche en santé passe par le renforcement des politiques et systèmes de recherche dans les pays en développement et le développement des compétences locales et une meilleure collaboration et coordination entre les acteurs publics, privés et la société civile», a indiqué ATT. Très convaincu que les succès déjà enregistrés inspireront les travaux de ce forum afin que la Déclaration de Bamako inaugure une nouvelle ère en faveur de la recherche pour la santé, le développement et l'équité, le président ATT a rendu un hommage aux chercheurs africains en santé pour leur courage et leur esprit d'imagination en dépit des maigres moyens. Au demeurant, il a renouvelé son soutien pour la construction de la Maison de la recherche et de la gestion des connaissances à Bamako, une institution qui permettra de rapprocher les chercheurs des décideurs politiques et symbolisera la réussite de la tenue du forum de Bamako. Au cours de ce forum qui prend fin le 19 novembre 2008, les participants adopteront un agenda qui servira de levier pour un renouveau de la recherche pour la santé et dans d'autres domaines connexes.
Christophe D. ASSOGBA, depuis Bamako
Publié par ASSOGBA à 11:13:01 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par ASSOGBA à 17:47:20 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
Après Mexico en 2004, Bamako accueille dès ce jour et ce jusqu'au mercredi prochain le forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé.
Christophe D. ASSOGBA, Depuis Bamako
Publié par ASSOGBA à 13:23:33 dans ASSOGBA | Commentaires (0) | Permaliens
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