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Opinion: L’inévitable grand retour de 1988 | 18 août 2008

L'inévitable grand retour de 1988 L'histoire est têtue, et s'entête toujours : l'année 1988 au Bénin. L'année 1988 au Bénin est inévitablement de retour ; cette fois-ci plus complexe. Qui l'eut cru ? Dans le respect de ses principes, l'histoire se réédite déjà politiquement, socialement et économiquement, exactement 20 ans après, dans notre pays. Que plus personne n'en doute ! Nous vivons déjà 1988 depuis des mois. Le Bénin est en douleur ; la douleur de l'accouchement. Bientôt, le Bénin enfantera, une fois encore, à la grande surprise de l'opinion nationale et internationale, un nouvel enfant. Mais quel enfant ? La situation de crise que nous avons connue en 1988 et qui s'est étendue sur 1989 touchait en même temps les domaines social, politique, institutionnelle, économique et éducatif ; toutes choses que nous vivons encore aujourd'hui. En effet, il est un secret de polichinelle pour tous les béninois et pour les observateurs extérieurs que le Bénin s'enlise depuis des mois dans des séries de crises enchevêtrées les unes aux autres qui inquiètent. De la crise sociale Nous sommes effet aujourd'hui dans un contexte social semblable à celui de 1988. La fronde sociale a atteint tous les secteurs vitaux comme la santé, la justice et l'éducation dans notre pays. Sans service minimum, les travailleurs du secteur de la santé vont en grèves ; des grèves reconductibles qui parfois deviennent illimitées. C'est la paralysie totale dans le secteur, exacerbée par le mutisme du Gouvernement, condamnant ainsi à un péril certain, les pauvres populations. L'exemple des conséquences enregistrées lors des grèves des techniciens de laboratoire au Centre Hospitalier Départemental de l'Ouémé est plus qu'illustratif. La même situation s'observe au Centre National Hospitalier Universitaire - Hubert Koutoukou MAGA de Cotonou du fait des grèves sans que le Gouvernement ne soit capable d'y apporter une solution durable. Et dans le silence, les usagers de ces services vitaux sont sacrifiés sur l'autel de la passivité de ceux qui devraient réagir au plus tôt. D'ailleurs rien ne pointe à l'horizon qui puisse permettre de présager d'un dénouement heureux et durable. Dans le domaine de la justice, la crise est très aiguë. Pour la première fois dans l'histoire judiciaire du Bénin, les magistrats habituellement voués à la tâche sans la moindre contestation syndicale, sont allés en grèves, il y a quelques mois. Après les magistrats, c'est au tour des greffiers qui sont depuis près de deux mois dans une nouvelle série de grèves, bloquant de ce fait la tenue des audiences au grand dam des justiciables. Personne ne sait à ce jour, ce que réservent à nouveau les magistrats dans les prochains mois. Du côté du secteur de l'éducation, tout le monde sait de quelle manière on a pu éviter l'année blanche pour sauver l'année académique 2007-2008. Et déjà, la récidive pointe à l'horizon. Les enseignants, si cela pouvait s'expliquer qu'ils aillent en grève pendant les vacances, l'auraient déjà fait. La plupart d'entre eux brûle déjà d'envie que les classes recommencent afin qu'elle entre dans la danse. Le comble, c'est la généralisation de la fronde à tous les secteurs de la vie nationale. Ainsi, on peut constater que toutes les centrales syndicales sont mobilisées pour arpenter les rues à travers notamment des marches de protestation, des sit-in et des grèves perlées comme ce fut le cas en 1988 et 1989. De la crise économique Le Bénin est dans une crise économique sans précédent, alambiquée par une autre qui touche gravement les boyaux du peuple aujourd'hui fortement condamné à être affamé s'il ne peut avoir les moyens de se nourrir en se basant sur le revenu moyen toujours très maigre. La crise alimentaire est en effet nourrie de la hausse vertigineuse des prix des produits de premières nécessités dont la consommation est devenue pratiquement un luxe de nos jours. Même si on se plait à dire que la hausse des prix des produits de premières nécessités est du fait de la hausse des prix des produits pétroliers et qu'elle tire sa source de l'extérieur, on peut aussi aisément conclure que de manière analogue, la crise économique de 1988-1989 avait aussi atteint plusieurs autres pays africains. Les signaux de la crise sont forts et identiques à ceux de 1988: la galère sévit dans tous les foyers ; les repas sont réduits à presque un par jour ; la mévente s'est installée dans tous nos marchés ; le désespoir s'affiche sur les visages ; la crise énergétique est ambiante ; tous les produits de grande consommation et plus particulièrement ceux localement fabriqués coûtent excessivement chers ; le pouvoir d'achat des populations, cependant déjà très amenuisé, a totalement chuté ; et en pespective, on décrypte des signes précurseurs d'éventuelles difficultés d'ailleurs imminentes dans le paiement des salaires aux fonctionnaires de l'Etat, ce qui sera la conséquence des exigences du coût de la vie et du nombre des agents permanents de l'Etat, etc. Il n'est pas inutile de rappeler que, dans une dynamique hâtive d'émergence, le pouvoir en place a fait recruter sans études prospectives conséquentes et soutenues, des milliers d'agents permanents de l'Etat en moins de trois ans de gestion. Aussi, par un projet de loi qui a été voté à l'Assemblée Nationale, le même Gouvernement a fait proroger de 05 ans l'âge de départ à la retraite des agents permanents de l'Etat sans penser à l'économie des salaires que l'Etat pouvait réaliser si à la place de ces « vieux » de la fonction publique, on recrutait des jeunes plus vifs, dynamiques et plus empreints des nouvelles avancées technologiques. Aujourd'hui, par de ces initiatives prises à la volée, l'Autorité Exécutive du Bénin plongé dans un cercle vicieux dans lequel il lui sera difficile de sortir et qui l'amènera s'est inévitablement dans les prochains mois à la cessation de paiement des salaires si des mesures très exceptionnelles ne sont prises, d'urgence. D'ailleurs, le Chef de l'Etat n'a-t-il pas officiellement dit lors du Forum sur la vie chère que nous devons nous considérer comme un pays en guerre dont les munitions sont terminées ? A analyser de près, si compte tenu de la vie chère et pour apaiser les travailleurs, le Gouvernement augmente les salaires conformément au niveau du coût de la vie, la masse des salaires va croître dans la même proportion, générant de ce fait un accroissement important des charges salariales mensuelles, pendant que les recettes de l'Etat vont diminuer du fait de la régression des activités économiques de manière générale. Il va s'en suivre que le Gouvernement ne puisse plus disposer régulièrement des moyens financiers capables de l'aider à faire face mensuellement et à bonne date aux salaires et aux autres dépenses de l'Etat indispensables à l'avènement d'un Bénin émergent, à la fois. Ce qui relancera, à coup sûr, les travailleurs dans la rue. Si le Gouvernement optait par contre de rester insensible aux exigences de la vie chère en refusant d'augmenter les salaires dans une proportion conséquente, les travailleurs déjà mobilisés au sein des centrales syndicales poursuivront la fronde. Cette situation motive à se convaincre de ce que la crise que le Bénin a connue en 1988 est aujourd'hui inévitable, 20 ans après ; même si elle peut être adoucie en fonction de la manière dont elle aura été gérée. De la crise politico-institutionnelle Celle qui suscite beaucoup de débats, de critiques, d'analyses et d'intérêt depuis quelques mois, c'est la crise politico-institutionnelle dans le pays. Elle suscite autant d'intérêt parce qu'elle s'annonce plus complexe que celle de 1988. Ceci est dû qu'à la différence du contexte politique et institutionnel de 1988, le Bénin dispose actuellement d'Institutions constitutionnelles et légales dont les fondements et les fonctionnements sont régies par la Constitution du 11 décembre 1990 et les lois de la République. La situation politique, actuellement au Bénin est délétère. Les violations tous azimuts de la Constitution et des lois de la République par le Gouvernement chargé de les garantir ; la crise entre le Gouvernement et la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication ; des décisions de la Cour Constitutionnelle qui, bien que s'imposant à tous, paraissent aux yeux de l'opinion, relever du miracle et ne donnent plus de crédibilité à cette Haute juridiction auprès des populations ; un climat de fortes suspicions et de soupçons envers la Cour Suprême dans le cadre des décisions qu'elle rend ; la crise ambiante et aiguë à l'Assemblée Nationale alimentée par des coups de poing entre Députés lors de la Conférence des Présidents, et de la musique (le kaka) en pleines plénières. A tout cela, vient se sustenter, la méfiance qui s'est installée entre le Chef de l'Etat et les grands acteurs de la vie politique nationale. Outre ces faits, on peut citer d'autres et pas des moindres, sans que la liste ne soit limitative. Il s'agit par exemple de la transformation de la presse nationale, du moins d'un important nombre de media n'ayant pas pu résister à la tentation de l'argent politique au détriment du devoir d'informer, en presse du pouvoir ; et la nomination des Délégués militaires qu'on peut essayer assimiler aux CDR de l'ère de la révolution populaire du Bénin. Toutes ces situations ressemblent à celles qui se sont produites au Bénin en 1988-1989 et qui ont conduit le peuple souverain Béninois à une nouvelle ère politique à partir de 1990. On ne peut plus se tromper là-dessus ! En somme, il se développe actuellement une remise en cause totale des institutions de la République, ou par leurs acteurs eux-mêmes, ou par le peuple qui doit leur faire foi ; la détérioration totale de la crédibilité des acteurs politiques qui animent lesdites institutions ; et, les actions pour corroborer cette putréfaction s'annoncent tous les jours que Dieu fait pour renforcer la situation déjà très critique. Chacun y participe sans le savoir, impuissant et désespéré. Il ne faut pas se leurrer, ce qui se passe n'est que la résultante d'un plan naturel et spirituel qui conduira sous peu à la naissance d'un nouvel enfant au Bénin. A suivre pour l'identité du nouveau né. C'est mon analyse. Richard A. F. DEGBEKO Consultant en Economie de développement, Analyste Politique. Tél : (229) 95 40 73 88

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Littérature béninoise: L’honorable Victor Dangnon publie « La décentralisation au Bénin, mémoires d’un 1er quinquennat » | 18 août 2008

Littérature béninoise L'honorable Victor Dangnon publie « La décentralisation au Bénin, mémoires d'un 1er quinquennat » Depuis quelques semaines, un tout nouveau chef d'œuvre littéraire est dans les rayons de nos librairies. « La décentralisation au Bénin, mémoires d'un 1er quinquennat » publié par l'honorable Victor Dangnon est un ensemble de pensées et de réflexions sur ce qu'a été les cinq années de décentralisation au Bénin et ce qu'elle devrait être. C'est également des réflexions et des essaies d'approches sur ce que devrait être l'actuelle mandature. C'est un ouvrage écrit en français facile et qui traite de la décentralisation sous toutes ses formes. « La décentralisation au Bénin, mémoires d'un 1er quinquennat » est une œuvre gigantesque dans laquelle l'auteur traite des questions essentielles relatives à la vie de la décentralisation au Bénin en commençant par les textes qui la régissent avec leurs insuffisances, ses acquis en cinq ans de gestion en passant par les difficultés majeures rencontrées. L'auteur Victor Dangnon met en exergue les insuffisances de la décentralisation, ses tares et propose des portes de sortie. En homme averti, puisque maire de Ouassa Péhunco pendant près de cinq ans, l'homme aborde chaque thème et problématique avec l'œil d'un connaisseur et d'expert. Selon lui, ce livre est un guide pour tout acteur de la décentralisation, les maires et les conseillers, le gouvernement, les étudiants etc... Sociologue de formation, ancien maire de Ouassa Péhunco et aujourd'hui député à l'Assemblée nationale du Bénin, M. Victor Dangnon revêt des qualités idoines pour tracer dans son livre les voies d'une meilleure perspective pour la décentralisation au Bénin.

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Assemblée nationale: Mathurin Nago perd le contrôle des débats | 18 août 2008

Assemblée nationale Mathurin Nago perd le contrôle des débats La démocratie béninoise est effectivement en crise. En effet, la crise au palais des gouverneurs à Porto-Novo a pris une allure nouvelle suite à la scène désolante qui a meublé la tenue de la conférence des présidents du mardi 13 Août 2008 et qui a mis au prise deux honorables à savoir Djibril Débourou et Sacca Fifara qui, après avoir échangé de propos achôcres sont venus à coup de poing. Cette première dans l'histoire du parlement béninois a fait objet d'un compte rendu par le président Mathurin Nago à la séance plénière du jeudi 14 Août 2008 lors du message introductif de ce dernier à l'ouverture de la séance. Ce fait a donc conduit les députés Epiphane Quenum et Tidjani Serpos à suggérer l'ouverture d'un débat en ce qui concerne la question. Le président de l'Assemblée nationale a estimé que la satisfaction de cette doléance pourrait être source d'une nouvelle violence au sein de l'hémicycle. La question a donc fait objet de plusieurs motions sollicitées par les députés dites de l'opposition. La non satisfaction de ces dernières par le président de séance Mathurin Nago est le fruit du gèle des activités avec pour effet la transformation de l'hémicycle en une salle de concert. Les points d'achoppement A la séance dernière de la conférence des présidents, organe reflétant la configuration politique du parlement, le président de l'institution a donné lecture d'une correspondance de la présidence de la république invitant la représentation nationale a rejeté la nouvelle proposition de la loi organique modifiant celle existante notamment les dispositions relatives à la gestion et l'attribution des fréquences. Outre ce fait, le président de l'Assemblée nationale se fondant sur les dispositions de l'article 75 du règlement intérieur de l'institution parlementaire déclare irrecevable la nouvelle proposition de résolution portant constitution d'une commission de vérification de sa gestion. Suite à l'événement malheureux intervenu, la conférence des présidents s'est poursuivi en l'absence des autres tendances politiques et à reconduit pour la plénière du jeudi dernier l'ordre du jour objet de polémique lors des sessions extraordinaires passées. L'hémicycle transformé en salle de spectacle Le non satisfaction des motions de procédure sollicitées par certains députés de la gauche est objet de la perturbation de la séance plénière du jeudi dernier avec pour mode d'action la transformation de l'hémicycle en une salle de concert. Une ambiance non favorable à la poursuite des travaux telle que souhaité par le président du parlement qui a invité la commission des lois à prendre place afin d'exposer son rapport à la plénière. Cet état de chose a conduit à la levée de la séance suite à deux suspensions ayant pour but l'apaisement de la tension et le retour à la cohésion. Mais les médiations en la matière n'ont accouché que d'une souris. Les interprétations tendancieuses des textes qui fondent l'institution a nourri d'avantage la crise et la rende véritablement complexe. Les situations qui se sont succédées en ce qui concerne la crise ouverte complique au mieux cette dernière en laissant choir toutes les formes de commentaire. Actuellement, les regards sont donc tournés vers la cour constitutionnelle saisie d'un recours formulé par le député Tidjani Serpos contre le président Nago concernant la manière de gérer l'institution. Il revient donc à cette dernière de jouer sa partition afin de remettre les pendules à l'heure sans pour autant reflétée l'image d'une institution des miracles. Le président Nago en question Il s'agit de voir ici si le président Mathurin Nago même avec sa pléthore de diplômes, est encore capable de diriger le parlement béninois. Il est question d'entrevoir les difficultés avec lui et les facilités avec lui à la tête ou sans lui de notre parlement. En tout cas, il se révèle au grand jour, l'incapacité du président actuel de l'assemblée nationale de pouvoir contenir ses collègues et de pouvoir contrôler la ^police des débats. La suite nous édifiera.

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Célébration de l’édition 2008 de la fête de l’igname à Savalou: Le peuple Mahi préserve l’éclat de sa tradition | 18 août 2008

Célébration de l'édition 2008 de la fête de l'igname à Savalou Le peuple Mahi préserve l'éclat de sa tradition A l'instar des années antérieures, le royaume de Savalou ne s'est pas dérobée à la tradition en organisant sous la houlette de son roi, sa Majesté Dadah Tossoh Gbaguidi XIII, l'édition 2008 de la fête de l'igname. C'était le vendredi 15 août dernier. Jean-Claude Dossa Des ministres Désiré Adadja à Issa Démolé Moko en passant par Alexandre Hountondji, le préfet des départements du Zou/ Collines, Timothée Adjitchè entre autres, de nombreuses personnalités de notre pays ont donné par leur présence, un cachet spécial à l'édition 2008 de la fête de l'igname. Ainsi, débuté dès le jeudi 14 août par une messe à l'église catholique de la capitale des Mahis suivie par la présentation officielle de la statue du fondateur du royaume de Savalou, Dadah SOHA, les festivités marquant l'édition 2008 de la fête des ignames a mobilisé de fortes délégations venues de toutes les contrées du royaume et du pays et a donné lieu à des activités aussi diverses et riches les unes et les autres. A cet effet, de nombreux jeux et activités culturelles tel que le géant concert animé par les artistes de renoms Dossi et Don Metok, des rencontres sportives et la dégustation du plat d'igname pilée annonçant la disponibilité de cette tubercule sur les marchés, ont servi de menu à la fête des ignames 2008 à Savalou. Se réjouissant de l'adhésion populaire à cette fête qui sert de tremplin aux fils et filles du royaume pour se retrouver et mener des réflexions en faveur d'un futur radieux pour leur cité, le Roi de Savalou Dadah Tossoh Gbaguidi XIII a renouvelé sa détermination à œuvrer pour la préservation de la tradition ancestrale des Mahis et à favoriser un retour aux sources de tous les natifs du royaume afin de contribuer à la sauvegarde de cet héritage commun. Natif de la localité, le ministre chargé de la Communication et des Nouvelles Technologies, Désiré Adadja s'est félicité de l'engouement encore vivace des générations présentes pour cette fête qui sert de creuset idéal à la communion entre toutes les composantes du peuple Mahi. Cette grande messe culturelle s'est soldée par la mise en exergue du riche patrimoine culturel Mahi à travers danses et chants exécutés par les groupes folkloriques et des artistes d'envergure nationale issus du royaume.

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Crise à l’Assemblée nationale Béninoise: Nago rigole alors que l’Episcopat s’apitoie sur son sort | 18 août 2008

Crise à l'Assemblée nationale Béninoise Nago rigole alors que l'Episcopat s'apitoie sur son sort Médard Gandonou Le Bénin entier a vu le Président de l'Assemblée Mathurin Nago rigoler face à l'épiscopat qui méditait profondément et solennellement sur le sort de l'Assemblée Nationale absorbée par une crise qui chaque jour, se révèle plus pernicieuse. C'est à l'occasion de la cérémonie chrétienne de pèlerinage annuel au sanctuaire marial de Dassa devant des centaines de milliers de pèlerins béninois et du monde et des millions de téléspectateurs suivant les manifestations en direct sur la chaîne nationale de télévision. Pour la circonstance, l'archevêque de Dassa Ganyé s'est fait le devoir, au nom de l'épiscopat, de convier toute la communauté chrétienne à prier pour un apaisement des tensions au parlement en proie aux tumultes les plus violentes de son histoire. D'ailleurs les dernières scènes offertes par les députés au Palais des Gouverneurs allant des bagarres aux perturbations systématiques des débats au parlement ont dû certainement convaincre l'épiscopat à faire l'option d'une invite collective à la prière au profit de l'institution républicaine en instabilité. Dès lors, ces instants d'appel de l'Archevêque devraient en toute logique pour le Premier Responsable du Parlement, constituer des moments de consternation, de remise en cause et d'introspection profonde sur l'image que reflète l'institution dont il a la charge et qui fonde l'épiscopat à recourir à une prière collective. Mais paradoxalement, c'est un Président de l'Assemblée relaxe, rigolant à la limite des invites de l'Archevêque qu'on a observé hier. Visiblement, la crise au parlement semble à ses yeux, un jeu de plaisantins. Il semble s'en contenter et s'y plaire allégrement. Au moment où le peuple béninois et le monde entier assistent à la déchéance progressive de l'image de la démocratie béninoise par son socle qu'est la représentation nationale ; au moment où l'épiscopat tente de prendre très tôt la mesure de la situation pour y mettre l'esprit de chacun ; au moment où les populations pleurent le sens et la qualité des débats au parlement, le Président de l'Assemblée se contente d'en rire...

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