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Erosion côtière au Bénin: Djondji déloge ses morts | 07 septembre 2009

Erosion côtière au Bénin

 

Djondji déloge ses morts

 

Victimes de l’érosion côtière, les populations de Djondji au Bénin ont, il y a quelques semaines, été contraintes de déloger les dépouilles de leurs défunts parents que les flots menacent d’emporter.

 

Christophe D. ASSOGBA

 

Jonché de cocotiers, le village de Djondji dans l’arrondissement de Djègbadji dans la commune de Ouidah, ville historique située à environ quarante kilomètres de Cotonou, la métropole économique du Bénin, est en ruines. Assis  dans un coin, à même le sol, un homme la quarantaine, un chapeau posé sur sa tête, lave à l’aide d’une éponge des ossements qu’il venait de soustraire d’une tombe. A côté de lui, une femme dans la quarantaine aussi, range soigneusement des ossements dans un sac de jute qu’elle venait de sécher au soleil.  Un peu plus loin, un jeune homme récupère de l’eau de mer dans une bassine renflée qu’il porte vers un homme, la cinquante,  assis sur un tronc de cocotier en train de toiletter des ossements d’un défunt. Le travail des uns et des autres est rythmé par les bruits incessants des vagues marines, comme une musique de fond à laquelle se mêlent leurs bavardages absorbés par leurs tâches. Des regards tristes, anxieux, pensifs témoignent de la douleur de leur travail. «La mer a ravagé nos maisons et envahi notre cimetière. Des tombes ont été englouties par les eaux. Moi,  j’ai eu la chance que la tombe de ma mère défunte n’a pas encore été avalée par l’océan. J’ai donc déterré les ossements de la défunte que je suis en train de laver afin de l’enterrer ailleurs», confie Michel Kpanou, pêcheur, le visage triste.

Michel est loin d’être le seul dans ce cas. La quasi-totalité des familles du village ont été contraintes de déloger leurs défunts afin d’éviter que la mer ne les emportent comme c’est le cas pour certaines tombes déjà englouties. Les habitants récupèrent les squelettes de leurs défunts qu’ils lavent à l’eau et sèchent au soleil avant d’aller les enterrer dans un autre endroit plus en sécurité, loin de la mer. «Vous voyez ici les squelettes de mon feu père mort il y a de cela quinze ans. La mer a failli emporter la tombe. J’ai donc vite récupéré les ossements que je vais enterrer ailleurs», a déclaré Jean Sossavi, pêcheur et cultivateur. «J’ai tout perdu. Ma maison est complètement détruite. De plus, les tombes de mes parents ont été avalées par la mer», renchérit Samuel Mèdjan, pêcheur.

En effet, les populations de Djondji vivent cette année les moments les plus difficiles de leur existence. Comme pour se venger d’elles, la mer, en colère, s’est déchaînée et l’érosion est en train de ravager le village occasionnant de nombreux dégâts.  Plus de 40 habitations ont été entièrement  détruites au cours du mois de mai 2009. Même le cimetière subit les affres de l’érosion.

 

«…Nous ne pouvons pas abandonner notre village...»

 

Situé en bordure de la mer, le village de  Djondji est habité depuis des lustres par des populations de pêcheurs. Menacée par l’érosion côtière, cette localité risque dans quelques années, si rien n’est fait pour freiner l’avancée des eaux, de disparaître de la carte du Bénin comme les quartiers Donatin, Tokplégbé, Finagnon, Akpakpa-Dodomey et Jak à Cotonou, selon une étude publiée en 2007 par l’International Institute for Environment and Economic Development (IIED), un organisme britannique. L’artiste musicien Ebawadé originaire de Djondji a ses parents qui vivent près de la mer depuis plus de cinquante ans. «L’érosion nous menace, confie-t-il. Nous avons envie de partir d’ici mais ne pouvons pas puisque c’est notre village. Nous ne pouvons pas abandonner notre village. C’est notre identité. C’est ici que nos parents nous ont mis au monde, qu’ils ont été enterrés mais malheureusement certains emportés par la mer. C’est ici que nos enfants sont nés. Si nous quittons ici, à quel village allons-nous appartenir ? J’appelle les autorités à notre secours». «Djondji, c’est la terre de nos ancêtres et nous ne pouvons pas quitter ici. La mer était loin de nous quand moi j’étais enfant. Aujourd’hui, elle s’est rapprochée et nous envahie. Il faut que les autorités nous aident à trouver une solution», lance Samuel visiblement dépassé par le désastre. Un appel entendu puisque le président Boni Yayi  s’est rendu à Djondji  le 08 juin 2009 pour constater les dégâts de l’érosion côtière et apporter son soutien aux sinistrés. Selon les explications fournies au président Boni Yayi par les populations,  cette érosion est due à la fermeture de l’embouchure entre le fleuve Mono et l'océan Atlantique située dans ce village. «Si on procède à  l’ouverture de  l’embouchure du fleuve, on aura plus ce problème», a dit l’artiste musicien Ebawadé à Boni Yayi. Selon Gilbert Medjè,  président du Front Uni de lutte contre l’avancée de la mer (FULAM), une association  qui s’est battue pour faire arrêter le prélèvement du sable marin à des fins économiques, on ne doit pas s’arrêter seulement à l’ouverture de l’embouchure du fleuve. «L’ouverture de l’embouchure ne va faire que atténuer ou déplacer le phénomène. Il faut réaliser des épis le long de la côte béninoise depuis Cotonou Est jusqu’à Hilacondji», déclare-t-il. Une solution préconisée aussi par l’IIED face à la menace de l’érosion imputable aux changements climatiques.


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Publié par ASSOGBA à 10:58:06 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Braquage hier au marché Dantokpa: Deux militaires morts, trois personnes arrêtées | 01 avril 2008

Les agences des banques Ecobank et Diamond bank installées à l'intérieur du marché internationale de Dantokpa de Cotonou ont été la cible de vils individus hier dans l'après-midi. Un braquage mené de main de maître par un commando et qui a coûté la vie à deux militaires en faction. La riposte de l'armée a obligé les assaillants à prendre leurs jambes au cou. Aussitôt informé, le ministre de l'intérieur Félix Hessou qui est descendu sur les lieux pour constater les dégâts a organisé dans la soirée une conférence de presse en présence du chef d'Etat major général des armées, du directeur général de la police nationale, du commissaire central de Cotonou et d'autres cadres de l'armée pour éclairer la lanterne des uns et des autres sur cette affaire. Mardi 1er avril 2008, il est environ 17h20 mn. Sur le pont du marché de Dantokpa de Cotonou, une foule immense d'en haut observe l'ambiance qui règne du côté du marché précisément au niveau de l'agence Ecobank. Tout le monde discutait. Les comptes rendus vont bon train. Au niveau de la banque les informations se précisent par les indices. Les murs, les vitres des banques Ecobank et Diamondbank ont reçu des rafales de balles. C'était une opération de braquage. Les témoignages font état de ce que les brigands sont arrivés avec une barque motorisée qu'ils ont accosté sous le pont. Une fois descendus, ils se sont dirigés vers l'agence Ecobank qui était la première cible. C'est à ce niveau qu'ils ont abattu deux gardes. Il s'agit des militaires Hossou Fiacre et Yao Eric qui sont tombés les armes à la main du fait des hors la loi. Après cette banque, ils ont poursuivi leur course vers Diamondbank mais sans résultat. Les échanges des coups de feu ont fait quatre blessés dans le rang des civils dont deux graves au bloc opératoire à l'hôpital Hubert Maga de Cotonou hier jusqu'à 20h30mn. Le ministre de l'intérieur qui rassure les populations a révélé au moment de la conférence de presse que trois personnes en possession d'armes et de munitions ont été arrêtées quelques heures après la riposte des forces de sécurité publique. Un hélicoptère en mission a réussi à localiser le commando, meneur de la bande dans les environs de Sèmè Kpodji et Kraké où il est d'ailleurs pris en tenaille. De plus des contacts sont pris avec les forces de l'ordre nigérianes pour traquer cet assaillant. Le ministre Félix Hessou affirme que les malfrats n'ont pas réussi à dévaliser la banque mais ont rudoyé les bonnes dames et un tontinier à qui ils ont soutiré des billets de banque. L'autre information suspecte selon le ministre est que selon le chef Agence de Diamondbank de Dantokpa, elle vient à peine d'alimenter le coffre de la banque quand les coups de feu ont commencé par résonner. C'est une piste à explorer selon le ministre. Mais il précise que c'est le dispositif sécuritaire qui a fait que les malfrats n'ont pas pu aller au bout de leur logique. Il en appelle à la collaboration des populations qui doivent être vigilantes et informer les forces de l'ordre au moindre mouvement suspect. Bruno HOUESSOU

Publié par ASSOGBA à 23:32:17 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

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