• Gsm et pollution de l’environnement

    Gsm et pollution de l'environnement Cartes de recharge, l'autre polluant Les cartes de recharge, dérivés des Gsm, constituent aujourd'hui au Bénin de véritables polluants de l'environnement et tendent même à ravir la vedette en la matière aux sachets et autres objets en plastique. Christophe D. ASSOGBA Ce matin, le campus universitaire d'Abomey-Calavi connaît un regain d'affluence. Il s'en va être dix heures. Devant le kiosque «chez Hajouk», c'est un monde fou. Deux jeunes étudiants, Martial et Maxime, en année de licence en géographie demande à acheter des cartes de recharges du réseau BBCom de 1000 FCFA. «Vendez-moi deux Bell Bénin de 1000 FCFA», lance Maxime en tendant au vendeur un billet froissé de 2000 FCFA. Celui-ci sort un rouleau de cartes et lui déchire deux et prend son argent. Les deux étudiants tournent le dos au vendeur. Sur le champ, ils se partagent les deux cartes de recharge. Ils les sortent de leur enveloppe qu'ils jettent par terre. Ils font deux pas en avant. S'arrêtent. À l'aide de pièces de 10 FCFA, ils grattent la zone grise et introduisent le code de recharge dans leurs téléphones portables respectifs. Ils accolent ensuite le portable à l'oreille pour s'assurer de la réussite de l'opération. «Mon frère, c'est bon. Mon compte est valable jusqu'au 15 septembre 2007», déclare très satisfait Martial. «Le mien est valable jusqu'au 28 septembre», répond Maxime visiblement aussi content qui tente sur place d'appeler une amie. Ils jettent également les cartes de recharges usagées par terre et disparaissent. Ce spectacle de Maxime et Martial est quotidien à Cotonou et dans d'autres localités du pays. Très souvent, vous voyez des gens qui après la recharge de leur cellulaire, jettent les cartes de recharge sur le sol. Jeunes et adultes, femmes enceintes et conducteurs de taxi, fonctionnaires polluent chaque jour avec milliers de cartes de recharge déjà utilisées les artères des grandes villes comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Les localités de Bohicon, de Kandi, de Natitingou, de Djougou couvertes par les réseaux Gsm opérationnels ne sont pas du tout épargnées par ce phénomène. Aujourd'hui force est de constater le degré de pollution de ces villes par les cartes de recharge usagées de différents réseaux Gsm. Jacques, balayeur de rue à Cotonou confie : «De plus en plus, nous balayons beaucoup de cartes de recharge utilisées qui nous causent parfois beaucoup des difficultés. Elles s'accolent au sol et il faut se servir souvent de la main pour les enlever». «Dans les ordures que nous traitons sur nos sites, nous trouvons beaucoup de cartes de recharge usagées dedans», renchérit Pierre, ramasseur d'ordures ménagères au sein de «Equinoxe Ville Propre», une structure de collecte des déchets solides ménagers de la place. Le véritable problème est que les cartes de recharge vendues par les réseaux de téléphonie mobile au Bénin, pour la plupart, ne sont pas biodégradables comme les sachets. Elles sont fabriquées avec des matières résistantes (papier carton glacé, plastique), ce qui fait d'ailleurs qu'elles ne sont pas facilement putrescibles et biodégradables. «Après les sachets, les cartes de recharge usagées constituent le second polluant de nos villes», témoigne M. Raoul Chabi, Secrétaire général de la Coordination des ONG de gestion des déchets solides ménagers et de l'assainissement (Cogeda). Il ajoute : «Nous ne disposons pas des poubelles publique pour que quand les gens finissent d'utiliser les cartes de recharge, ils les jettent dedans où qu'ils se trouvent dans la ville. A défaut donc, ils se contentent de les jeter par terre sachant consciemment ou inconsciemment qu'ils font du tort à l'environnement». Le comble est que l'enfouissement de ces dérivés des Gsm peut empêcher l'infiltration rapide des eaux de ruissellement et contribuer, en général, à la dégradation du sol. En réalité, les cartes de recharge fabriquées avec du papier simple se détruisent rapidement et peuvent être facilement recyclées. En cela, le chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi a vu juste en déclarant sur la chaîne de télévision nationale (Ortb-Tv) qu'il faut désormais que les opérateurs Gsm fabriquent des cartes de recharge en papier simple afin de ne plus contribuer à polluer l'environnement. Ce que le réseau national de téléphonie mobile Libercom a commencé par expérimenter en mettant à la disposition de ses abonnées et de sa clientèle des cartes de recharge en papier de différents prix. Mais les cartes de recharge en papier sont-elles la solution définitive à un environnement non pollué? Assurément non ! Le transfert de crédit en est une. Mais ce n'est pas tout. «On a le CDMA. On peut avoir des terminaux mobiles si on veut éviter le papier», conclu Mme Noëlie Kouendé, Directrice générale des Technologie de l'information et de la communication.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :