• Coalition anti-cauris dans la tourmente: La Renaissance du Bénin a-t-elle intérêt à virer dans le camp de la mouvance ?

     

    Coalition anti-cauris dans la tourmente

    La Renaissance du Bénin a-t-elle intérêt à virer dans le camp de la mouvance ?

    Le vote du budget général de l'Etat exercice 2009 donné au gouvernement Yayi Boni le 31 décembre 2008 a été rendu facile grâce au choix fait par la Renaissance du Bénin de Mme Rosine Vieyra Soglo. Absente de l'hémicycle durant plusieurs mois pour raison de santé, la Présidente de la Rb de retour de l'Afrique du Sud où elle avait subi une opération oculaire, a pesé de tout son poids lors de la dernière séance plénière de la session budgétaire pour aboutir au vote à l'unanimité par les 72 députés présents.  Certains membres de la coalition anti-cauris, ont vu dans cet acte posé par la Rb un début de rapprochement avec le camp Fcbe et une trahison de l'esprit de Bohicon-Abomey (28 et 29 novembre 2008) qui a opté pour la lutte en vue d'une alternance du pouvoir en 2011.

    En effet, selon Mme Rosine Soglo, il ne fallait pas tergiverser sur les détails concernant les amendements apportés par les groupes de l'opposition. Et vu la pression qu'elle mettait, les autres députés du G4, G13 et Forces Clé ont dû accepter de voter, afin de ne pas faire éclater la coalition, majoritaire au parlement, qui ne cesse de multiplier les exploits.  De plus, elle s'est rendue à la Présidence de la République avec le ministre Galiou Soglo, dissident de la Rb et frère de Liady Soglo, Premier adjoint au Maire de Cotonou. A  l'issue de la rencontre qui a duré plus d'une heure, rien n'a filtré sinon une déclaration à la presse en présence du Chef de l'Etat, où l'ancienne première dame a simplement formulé les vœux d'une nouvelle année qu'elle souhaite paisible à toutes les Béninoises et à tous les Béninois.

    En réaction à ces agissements, le Président du Parti du renouveau démocratique (Prd) Me Adrien Houngbédji, également membre du G4 a fait devant les siens à Porto-Novo, une déclaration musclée qui montre qu'il ne baissera pas les bras et que la coalition doit continuer dans sa lutte pour la sauvegarde des acquis de la conférence nationale, le respect des lois de la République et de l'Etat de droit, et la défense des valeurs démocratiques. Plusieurs voix se sont élevées pour féliciter la décision courageuse de volte-face de Rosine Soglo qui selon certains, permettra de ramener la paix au sein de l'hémicycle, après plusieurs mois de tiraillements, de chaudes discussions et de querelles parfois inutiles  qui ne faisaient pas avancer les choses. D'autres par contre ont vu dans les actes posés par Rosine Soglo un signe d'affaiblissement de la coalition aujourd'hui majoritaire à l'Assemblée nationale, et qui fait l'honneur à notre démocratie, arrivée il y a peu au bord de la dérive si tant est que tout le monde devrait regarder dans la même direction et faire entendre le même son de cloche en acclamant, marchant, félicitant, chantant et louant les actions du Chef de l'Etat. On sait que ces genres de soutiens ne font qu'attirer le culte de personnalité et aboutir à un nationalisme trop poussé qui vire à la dictature.  

    Lorsqu'on sait que les personnes qui entourent le chef de l'Etat avaient depuis deux ans œuvré pour que tous les partis soutenant celui-ci sous d'autres bannières différentes de l'Alliance des Fcbe n'aient pas droit de participer de manière conséquente à l'exercice du pouvoir au niveau central, lorsqu'on fait le point des actes que le pouvoir en place a posés pour mettre la Rb en difficulté à Cotonou pendant la période électorale de 2008, et dans son fief dans le département du Zou où se déroulent aujourd'hui des opérations de charme comme les 6 milliards de F CFA pour la réhabilitation de la ville d'Abomey. Lorsqu'on regarde toutes les tractations et les démarches faites par le Maire de Cotonou Nicéphore Soglo, en vue du transfert du marché Dantokpa conformément aux dispositions de la loi sur la décentralisation, marché qui aujourd'hui est dirigé par l'ancien porte-parole de la Mairie de Cotonou débauché par le pouvoir contre les intérêts de son parti la Rb, lorsqu'on se rappelle les conditions dans lesquelles les Fcbe ont arraché la Mairie d'Abomey-Calavi à la Rb à une période où le Chef de l'Etat tentait de faire évoluer les discussions avec les dirigeants de ce parti, on serait tenter de dire que rien de sérieux ne serait fait si la Présidente Rosine Soglo acceptait de virer dans le camp de la mouvance.

    A moins que Yayi Boni ne discipline sa troupe qui ne se laissera pas dominer par un parti qui va vouloir imposer sa vision au Président de la République qui dans son bilan économique et au plan infrastructurel n'a pas démérité. Une guerre de leadership s'installerait entre les chantres du changement et les nouveaux alliés de Yayi Boni. Celui-ci pourrait alors entreprendre de sacrifier certains, toiletter ou assainir son entourage, balayer d'autres conseillers, écarter certains pasteurs qui lui font croire que tout est rose même s'il se cogne la tête ou s'induit parfois en erreur.

    Cette situation est loin d'être envisage par Yayi Boni qui vise déjà les élections de 2011 et ne voudra pas créer trop de mécontents dans le rang de ceux qui travaillent avec lui depuis son arrivée au pouvoir il y a bientôt 3 ans. C'est pourtant en se débarrassant de certaines brebis galeuses dans son entourage, celles que le député Fcbe Edgar Alia a promis de dénoncer au Chef de l'Etat au cours de cette année 2009, qu'il y aura un véritable assainissement au sein de la mouvance présidentielle. Cette mouvance où il y a beaucoup d'arrivistes et de novices en politique mais qui passent pour des champions en analyse et en stratégie politiques.

    L'avenir politique de la Rb semble être dans la coalition actuelle dont la lutte actuellement menée contre le pouvoir en place force l'admiration des observateurs de la vie politique béninoise tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Au point où le G13 de Nassirou Arifari Bako a obtenu récemment un prix pour sa lutte de défense des valeurs démocratiques au Bénin.

    Mais en choisissant comme Houngbédji l'avait fait en 2003, le camp présidentiel, la Rb sera comptable des sanctions que le peuple pourrait éventuellement infliger au pouvoir, en cas d'échec au niveau de la sauvegarde de la paix et des acquis démocratiques du pays et des libertés individuelles. A moins que le pouvoir démontre le contraire en faisant des efforts de faire le développement dans le respect de la loi et des valeurs démocratiques. Une troisième option serait pour la Rb qu'elle choisisse de s'asseoir entre deux chaises en restant attentive aux deux camps et en observant l'attitude des barons du pouvoir en place s'ils sont coopérants ou répugnants, s'ils savent écouter et corriger les erreurs ou faire la sourde oreille.   

    Par Moust Olaïlo

     


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