• Bénin

    Le meilleur accouchement est traditionnel

    Une récente étude dévoile les bienfaits de l’accouchement vertical ou traditionnel. L’étude réalisé par Prometra international (une Ong de promotion des médecines traditionnelles) constate que la multiplication des cas d’accouchements difficiles dans les hôpitaux du Bénin est liée à la méthode d’accouchement pratiquée notamment celle horizontale. L’étude, financée par Bill & Melinda Gates Foundation, porte sur les connaissances, les perceptions et les pratiques communautaires relatives à l’immunisation.

    L’équipe de chercheurs, coordonnée par, M. Calixte Adé, phytothérapeute et président de Prometra Bénin (une des 27 représentations de Prometra International), qui a mené cette étude, en est venu à la conclusion que le meilleur procédé d’accouchement est celui traditionnel qui facilite le travail et évite à l’enfant et à la mère la souffrance et la soumission à une intervention césarienne, une opération souvent à risques dans les centres de santé et les hôpitaux du Bénin. « L’accouchement vertical permet à l’enfant de tomber comme un fruit. Au niveau traditionnel, on ne coupe pas le cordon ombilical avant la délivrance contrairement à ce qui se fait dans les hôpitaux », a déclaré Dr Eric Gbodossou, président de Prometra International et expert en médecine traditionnelle, lors d’une conférence de presse, le vendredi 17 août 2012, dans le cadre d’un atelier de dissémination de l’étude, qui a mobilisé de nombreux leaders d’opinion, guérisseurs et chefs de cultes traditionnels.

    Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont mené les enquêtes dans 20 communes réparties sur trois départements du Sud Bénin (Atlantique, Mono et Couffo) et interrogés des dignitaires de culte vodun et des praticiens de la médecine traditionnelle, des leaders d’opinions, des mères et pères d’enfants. Grâce aux données recueillies, les chercheurs ont pu établir les différents types d’accouchements et relever que celui horizontal en vigueur dans les hôpitaux fait beaucoup souffrir les enfants et les mères et occasionne parfois des césariennes. L’accouchement vertical ou traditionnel, facile, est préconisé à l’horizontal.

    Au Bénin, selon l’Oms (l’agence des Nations Unies qui s’occupe des problèmes de l’enfance), le nombre de naissances, en 2010, est de 350 000 enfants contre un taux de mortalité néonatale de 32 %. Par ailleurs, l’étude a aussi proposé des solutions pour prévenir la maladie chez l’enfant de la maternelle à l’âge préscolaire. Il s’agit entre autres des protections traditionnelles, du bain protecteur, du bain rituel, de l’alimentation équilibrée, de l’allaitement maternel associé à des aliments à base de céréales après 6 mois, de l’allaitement maternel exclusif plus de la tisane jusqu’à 6 mois. Par ricochet, c’est une nouvelle approche de l’immunisation (tout apport exogène et endogène qui peut permettre de consolider, de fortifier le système de défense de l’enfant) qu’elle met ainsi en avant.

    Il faut souligner, enfin, que cette étude qui fait partie du projet « Plaidoyer en immunisation : sauver les vies des enfants africains », réalisé dans trois pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Nigeria et Sénégal), ont aboutit presque au même résultat.

    Christophe D. Assogba


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  • Protection des ressources naturelles du parc de la Pendjari

     

    Un complot en préparation contre le Bénin

     

    • En septembre 2011, les avigref ont invité le Mehu à agir pour sauver le parc

     

    • La mafia faunique en difficultés jette le masque

     

     Depuis plusieurs mois, la gestion des ressources naturelles et plus précisément celle du parc national de la Pendjari suscite auprès de certains compatriotes des commentaires et des acritiques acerbes dénués de tout fondement. Le débat autour des réformes courageusement engagées pour la préservation de ce patrimoine national est devenu tellement passionné qu’on y voit des mains expertes invisibles pour semer la confusion, la désinformation et tenter ainsi de noircir les nobles initiatives mises en œuvre pour sauver ce qui peut encore l’être au niveau des réserves naturelles de notre pays. Malgré toutes les tentatives infructueuses de dénigrement et de remise en cause de la décision de l’autorité, la mafia faunique a choisi enfin de jeter le masque. La dernière trouvaille a été de faire de l’intoxication à travers la publication de fausses informations sur le net afin de provoquer la colère des partenaires techniques et financiers qui soutiennent la gestion du parc national de la Pendjari. Une pétition a été d’ailleurs ouverte à cette fin pour servir la cause de ceux-là qui ont toujours profité de la faiblesse de l’Etat pour détruire les maigres ressources dont le Bénin peut encore se prévaloir.

     

    De quoi s’agit-il ?

     

    Deux mois environ après sa nomination à la tête du ministère de l’environnement, de l’habitat et de l’urbanisme, Blaise Ahanhanzo-Glèlè, suite aux informations qui lui parvenaient et qui font état de graves menaces qui pèsent sur les ressources naturelles, a effectué deux tournées dans les départements de l’Atacora-Donga et du Borgou-Alibori. La deuxième descente du ministre le 11 Septembre 2011 lui a permis de se rendre dans le parc de la Pendjari en compagnie du directeur général des forêts et des ressources naturelles (Dgfrn), du directeur technique du centre national de gestion des réserves de faune (Cenagref), du directeur du parc de la Pendjari et des maires des 2KP (Kérou, Kouandé et Péhunco) et du député Issa Azizou, ex directeur général des forêts et des ressources naturelles. Le constat unanimement fait  par ces différentes autorités se résume par l’occupation de la zone dite tampon par des agriculteurs, les menaces sur les animaux surtout les éléphants qui font l’objet de chasse ciblée et la descente fréquente des prédateurs de la nature c’est-à-dire les exploitants forestiers qui ont jeté leur dévolu sur les espèces rares protégées existant dans ce parc. Au terme des explications données par les uns et les autres sur le terrain pour éclairer le ministre de l’environnement, il a été convenu qu’il faut prévenir afin d’arrêter les menaces réelles sur le parc de la Pendjari qui attirent beaucoup de touristes car les actions destructrices de l’homme font fuir des espèces rares d’animaux vers d’autres pays comme le Burkina-Faso. Après la visite du parc, le ministre a convoqué une réunion avec le personnel du Cenagref en poste dans l’Alibori élargie aux gardes faunes et aux membres de l’Avigref. Que de déballages ! A cette séance, les gardes faunes ont dénoncé la mauvaise gestion du parc, l’injustice et les menaces que profèrent à leur endroit leur supérieur hiérarchique qui n’est autre que le directeur du parc dans l’exercice de leur fonction. Ils ont également fait part au ministre de la diminution persistante et inquiétante du nombre d’animaux dans le parc sans oublier plusieurs mois d’arriérés de salaire qui leur sont dus. Le représentant des avigref présent a simplement lâché que le parc de la Pendjari est constamment en danger. Cette séance de travail qui s’est achevée très tard dans la nuit a failli dégénérer parce que furieux, les gardes faunes ont décidé de dire toute la vérité à l’autorité et d’en subir les conséquences plus tard. Le directeur du parc a été tout simplement confondu par ses propres agents qui ont pu démontrer qu’il n’a aucune feuille de route dans la gestion de ce vaste patrimoine national. Le 12 Septembre 2011 à Ouassa Péhunco, les maires des 2KP ont demandé au ministre Blaise Ahanhanzo-Glèlè de parer au plus pressé pour arrêter l’hémorragie qui détruit les réserves naturelles de notre pays. Faut-il rester inactif devant un tel appel ? Mieux, à une descente inopinée au niveau du parc de la Pendjari le ministre de l’environnement, de l’habitat et de l’urbanisme a surpris dans la réserve un camion frigorifique en stationnement et des expatriés Burkinabè qui s’adonnaient à la pêche. Les intéressés ont reconnu être dans une zone réservée interdite à la pêche.

     

    Le ministre de l’environnement a pris ses responsabilités

     

    Face à ce spectacle désolant, le ministre de l’environnement, de l’habitat et de l’urbanisme a pris ses responsabilités pour sauver le parc de la Pendjari.  Plusieurs réunions avec le cabinet ministériel ont permis à l’autorité de prendre la décision de nommer deux intérimaires en lieux et places des directeurs des parcs W et de la Pendjari.  Une feuille de route a été assignée à ces intérimaires en attendant l’aboutissement du processus de recrutement des nouveaux directeurs des deux parcs. Il s’agit entre autres de restaurer l’autorité de l’Etat dans la surveillance rigoureuse des parcs, de protéger réellement les zones cynégétiques réservées interdites de chasse et d’assurer la protection des espèces rares pour permettre aux parcs de conserver leur état de réserve naturelle. Pour marquer la présence effective de l’Etat dans ces parcs et éviter le scénario de l’île de Lété, le ministre de l’environnement a donné des instructions pour que des forestiers soient déployés tout le long du périmètre de la frontière entre le Bénin et ses voisins. C’est le tollé général dans le rang des prédateurs de la nature et de leurs complices. Le processus de cogestion est devenu un prétexte pour dénier à l’autorité son droit de regard sur la gestion des parcs W et de la Pendjari.

     

    Du faux, de l’intoxication et de la désinformation

    La décision prise par le ministre de l’environnement, de l’habitat et de l’urbanisme n’a rien à voir dans le principe de la cogestion qui reste intégral. La preuve, la réserve est surveillée par des équipes mixtes composées des agents de l’Etat et des riverains. Les forestiers sont des agents de l’Etat. Le droit d’accès contrôlé aux ressources et le bénéfice à l’utilisation durable de la réserve des populations riveraines est maintenu et sauvegardé, les bénéfices du tourisme sont partagés entre l’Etat et les populations riveraines. Plus concrètement, ils bénéficient :

    -          du versement aux Avigref des 30% des recettes issus du parc ;

    -         du contrôle des recettes du parc par l’U-Avigref ;

    -         de la participation de l’U-Avigref aux prises de décision (Planifications, réunions du comité de développement de la RBP, réunion de comité de surveillance présidé par le Secrétaire exécutif de l’U-Avigref ; etc.)

    -         de la participation des CPL (Chasseurs Professionnels Locaux) aux activités de surveillance du Parc ;

    -         de la mise à la disposition de la Direction du Parc National de la Pendjari (DPNP) par l’U-Avigref de la main d’œuvre non qualifiée pour les travaux d’aménagement et de collecte des données ;

    -         de la préservation des emplois des populations riveraines au niveau de la DPNP ; 

    -         du droit d’usage des populations riveraines sur les ressources de la ZOC (Zone d’Occupation Contrôlée);

    -         de la remise aux populations des carcasses des animaux abattus au cours de la chasse sportive ;

    -         etc.

    Le braconnage et le passage des bouviers dans le parc qui ne datent pas d’aujourd’hui connaissent quand même une meilleure surveillance.

     

    La preuve de la manipulation et de l’anti-patriotisme

    De ce qui précède, on comprend que l’objectif visé par la mafia est de saboter les efforts qui sont faits par le Ministère de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme et le Cenagref pour la préservation des aires protégées notamment la Réserve de la Biosphère de la Pendjari sinon comment comprendre que ce soit les mêmes avigref qui avaient demandé au ministre Blaise Ahanhanzo-Glèlè de prendre ses responsabilités face aux menaces sur le parc de la Pendjari qui alimentent aujourd’hui la polémique. On ne peut vouloir une chose et son contraire à la fois. Pourquoi, les avigref  exigent que l’autorité les consulte avant de relever un cadre de l’Etat de ses fonctions ? C’est à croire que les avigref participent au processus de recrutement des directeurs des parcs nationaux. Ce qui n’a jamais été le cas selon nos sources. C’est regrettable que la finalité de cette manipulation est de bloquer les financements extérieurs en direction de la protection des réserves naturelles du Bénin. C’est cela la vérité malgré les efforts de l’équipe en place qui traque tous ceux qui violent la réglementation en vigueur au niveau du parc de la Pendjari.

     

    Aziz Tchénagnon

     

     


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  • Me Joseph Djogbénou répond au bâtonnier de l’ordre 

    Dans sa parution n°2346 du mercredi 06 juin 2012, votre quotidien, La Nouvelle Tribune, a publié en manchette, commentaire à l’appui, une «Mise au point» de Me Arthur Ballé

    (Mise au point du bâtonnier de l’ordre aux avocats : la lettre d’Arthur Ballé qui risque d’enflammer le barreau), bâtonnier de l’ordre des avocats du Bénin, à ses confrères. Il fustige, en effet, dans sa correspondance en date du 30 mai, le fait qu’ «il devient habituel que des avocats en charge du dossier choisissent les medias pour livrer à l’opinion publique leur avis sur les litiges relatifs à ces dossiers.»



    En réponse à cela, l’avocat-conseil de Bénin Control Sa, Me Joseph Djogbénou contre-attaque.

    CABINET D’AVOCATS

    Joseph DJOGBENOU

    LAW OFFICE

    Cotonou, le 06 juin 2012

    N/Réf : 0114/BRIDJ/12

    Monsieur le Directeur de publication

    Nouvelle Tribune

    COTONOU

    Objet: Droit de réponse

    Monsieur le Directeur de publication,

    Dans la parution du 06 juin 2012, votre quotidien a publié une lettre adressée aux avocats membres du barreau du Bénin par Monsieur le Bâtonnier en date du 30 mai 2012. Ayant été personnellement interpelé, je vous transmets la réponse adressée au Bâtonnier et vous prie de bien vouloir la publier dans les termes et conditions prévus par la loi sur la presse en guise de droit de réponse. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur de publication, l’assurance de mes sentiments distingués.

    Cotonou, le 4 juin 2012

    Réf : 68/DJ/12

    Monsieur le Bâtonnier

    Ordre des Avocats

    COTONOU

    Objet : Protestation contre le contenu de votre correspondance n°00479/COA/AAB/12/MP portant «mise au point».

    Monsieur le Bâtonnier,

    Cher confrère,

    Par correspondance ouverte, visée en marge, en date du 30 mai 2012, il vous a plu de recouvrer l’entière maîtrise de votre pouvoir de contrôle disciplinaire en vue de mettre en garde ceux qui « choisissent les medias pour livrer à l’opinion publique leur avis sur les litiges relatifs à ces dossiers ».

    Vous semblez faire allusion, entre autres, à l’affaire dite « Bénin Control », au sujet de laquelle vous fîtes, le mercredi 30 mai, l’une de vos rares sorties …médiatiques qui annonça la substance de la correspondance visée en objet. Décidément, ce dossier trouble bien des sommeils et rappelle bien des missions. Le principe du contradictoire appelle qu’il soit emprunté la même forme pour rappeler à votre précieuse attention ainsi qu’à celle de nos confrères, quelques éléments de faits qui inspirent quelques considérations de droit.

    I – Sur les éléments de fait

    Il ne vous a pas échappé que :

    • Depuis le début du mois de mars 2012, la presse fait état, à l’occasion des interventions intempestives, continues et abusives du gouvernement, des conditions et circonstances désavantageuses et vicieuses dans lesquelles il aurait conclu un contrat dit du PVI/NG avec la société Bénin Control.

    • Comme si cela ne suffisait pas, le promoteur de ladite société fut arrêté le 26 avril 2012 et placé en garde à vue, dans des conditions inadmissibles qui n’ont troublé aucune tranquillité dans une société démocratique, la tradition du barreau paraissant confiner les avocats dans le confort de l’attente. On peut alors comprendre pourquoi nul n’a levé la moindre contestation lorsque, le procureur de la République en personne, sans qu’aucune procédure pénale ne fût ouverte, eut la faveur de la télévision nationale et de Golf TV pour lancer des accusations sans aucun fondement et auxquelles il ne sera jamais répondu de manière contradictoire ni devant un juge, ni devant l’opinion.

    • Plus grave encore, le 14 mai 2012, Monsieur Paul KATO ATITA, Avocat au Barreau, se porta à la télévision nationale, et exposa à la communauté nationale que le contrat qui lie Bénin Control à l’Etat serait de nature administrative. Son intervention n’a offensé aucun attachement à la discipline. Comment peut-il en être autrement si, avec l’approbation silencieuse des gardiens du temple, les interventions précédentes du procureur de la République dans l’affaire ICC Services transformèrent les victimes en complices de recel et d’autres infractions affligeantes, leur enjoignirent de payer en publiant à titre discriminatoire les identités de ceux que l’on veut bien vouer aux gémonies sous le regard de notre barreau dont la grandeur silencieuse est sans égal. La présomption d’innocence est piétinée, sans doute. Mais l’Avocat doit attendre… au prétoire !

    • Jusqu’alors les interventions de l’avocat et du procureur, tous proches du gouvernement, ne sont attentatoires à aucune règle qui suscite la réaction du Bâtonnier, ni celle de l’Ordre.

    • C’est en cet état, que le 18 mai 2012, certains avocats sollicités par Bénin control, ont tenu une conférence de presse d’explication de la position de cette dernière. Depuis cette date, les réactions fusent, organisées, exprimées sans aucune retenue. Des avocats et/ou enseignants intervinrent, en précisant qu’ils ne sont pas constitués, et le Bâtonnier assure sa partition, au moyen d’une admonestation à l’égard de la personne du signataire de cette lettre, en pleine réunion du Conseil de l’Ordre et, cette fois-ci, d’une publication aux allusions attentatoires à la dignité.

    • On peut oser récapituler qu’en cette affaire :

    o Aucune procédure n’est ouverte devant aucun juge.

    o Ce n’est pas Bénin Control ni ses Avocats qui ont porté l’affaire dans la presse.

    o Les avocats de Bénin Control n’ont sollicité, ni provoqué aucune demande de débat, sur aucun sujet.

    o Les avocats de Bénin Control sont intervenus trois fois dans les medias, contraints à l’explication, refusant autant l’affabulation, l’indignité que la violation aussi manifeste des droits dont l’atteinte touche aux fondements même de l’état de droit.

    II – Sur les considérations de droit

    • L’intervention des avocats dans les médias n’est pas un débat nouveau. Il est apparu et discuté sous d’autres cieux, avec l’avènement et le développement des médias notamment à partir de la seconde moitié du XXè siècle. C’est en raison, par ailleurs de cette considération temporelle, qu’il convient d’éviter de convoquer à sa résolution « les traditions », constituées, en particulier aux XVIIIè et XIXè siècles, qui n’ont connu ni la radio, ni la télévision, qui ont à peine entrevu l’industrialisation et le développement technologique, et qui ont, en définitive, assis les liens de l’avocat avec son canton, son arrondissement et son juge de paix, faisant de lui plutôt un notable convivial qu’un défenseur engagé aux côtés de l’être humain dont les droits se furent épanouis après la seconde guerre mondiale. Les réponses apportées ailleurs, notamment en France et en Belgique, ne sont pas celles annoncées dans la lettre du Bâtonnier. L’Avocat n’est pas un incapable. Sa capacité d’exercice n’est ni retenue, ni restreinte. Si dans son expression, il viole les règles de son barreau, il en répond.

    • Mais s’il faut encore confiner le barreau béninois dans ce statut d’une époque révolue, ce ne sera pas au moyen de l’invocation d’une tradition non identifiée ou de règles positives non précisées, encore moins d’une application pour le moins frustratoire et injuste des règles énoncées.

    • En cette affaire, les avocats visés n’ont reçu aucune correspondance du Bâtonnier qui a semblé formé sa religion sans daigner les entendre. La lecture de la presse, les rumeurs et les conjectures suffisent à son opinion et à son admonestation publique. Il a plutôt choisi la voie de la presse et de la lettre. Ceci, à ses yeux, est parfaitement conforme à la déontologie.

    • Comme c’est tout à fait conforme à la déontologie le fait pour le Bâtonnier de conduire ses confrères au cabinet du chef de l’Etat, dans une affaire douloureuse pour toute la nation, afin que celui-ci, comme il en a l’habitude, donnât des instructions alors même que le dossier était pendant devant les juridictions. Lorsque le même gouvernement, en conseil des ministres, dénonça les mêmes avocats et les identifia comme les responsables de la résistance des parties à accomplir un acte déterminé, la même déontologie a contraint le Bâtonnier au silence. Mais la déontologie du silence n’élève ni l’ordre, ni ses membres.

    III – Conclusion

    Je proteste, avec l’énergie de la douleur qui m’étreint, contre toutes les affirmations et insinuations qui transpirent de votre lettre. Les avocats ne peuvent pas défendre, au quotidien, le droit d’être entendu par un juge impartial sans en bénéficier eux-mêmes. La pratique de la vindicte populaire est absolument vexatoire.

    Sans doute, est-il heureux qu’un avocat ne soit interpellé, non pas à raison de l’exercice de la profession au moyen des couloirs de toutes les compromissions silencieuses et discrètes, mais de son acharnement à s’élever contre tout abus. Mais il est peu glorieux que les responsables de l’ordre choisissent de taire toute audace contre les pouvoirs qui restreignent, qui voilent ou qui violent impunément les droits.

    Le débat suscité par cette affaire pose une question qu’il convient de trancher sans hypocrisie, en toute transparence et transcendance. Je souhaite, à mon égard, qu’il soit conduit à son terme. A cette fin, je vous ferai parvenir incessamment ma lettre de démission du Conseil de l’Ordre, afin de pouvoir défendre, avec loyauté et sans complexe, et mon opinion, et ma dignité. Vous aurez compris que j’ai toujours fait mienne cette sagesse d’Albert Camus : « Mourir debout plutôt que vivre à genoux ».

    Bien entendu, je transmets à chacun de nos confrères, copie de la présente correspondance.

    Veuillez agréer, Monsieur le Bâtonnier et Cher confrère, l’assurance de ma considération dévouée.

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  • Erosion côtière au Bénin

     

    Djondji déloge ses morts

     

    Victimes de l’érosion côtière, les populations de Djondji au Bénin ont, il y a quelques semaines, été contraintes de déloger les dépouilles de leurs défunts parents que les flots menacent d’emporter.

     

    Christophe D. ASSOGBA

     

    Jonché de cocotiers, le village de Djondji dans l’arrondissement de Djègbadji dans la commune de Ouidah, ville historique située à environ quarante kilomètres de Cotonou, la métropole économique du Bénin, est en ruines. Assis  dans un coin, à même le sol, un homme la quarantaine, un chapeau posé sur sa tête, lave à l’aide d’une éponge des ossements qu’il venait de soustraire d’une tombe. A côté de lui, une femme dans la quarantaine aussi, range soigneusement des ossements dans un sac de jute qu’elle venait de sécher au soleil.  Un peu plus loin, un jeune homme récupère de l’eau de mer dans une bassine renflée qu’il porte vers un homme, la cinquante,  assis sur un tronc de cocotier en train de toiletter des ossements d’un défunt. Le travail des uns et des autres est rythmé par les bruits incessants des vagues marines, comme une musique de fond à laquelle se mêlent leurs bavardages absorbés par leurs tâches. Des regards tristes, anxieux, pensifs témoignent de la douleur de leur travail. «La mer a ravagé nos maisons et envahi notre cimetière. Des tombes ont été englouties par les eaux. Moi,  j’ai eu la chance que la tombe de ma mère défunte n’a pas encore été avalée par l’océan. J’ai donc déterré les ossements de la défunte que je suis en train de laver afin de l’enterrer ailleurs», confie Michel Kpanou, pêcheur, le visage triste.

    Michel est loin d’être le seul dans ce cas. La quasi-totalité des familles du village ont été contraintes de déloger leurs défunts afin d’éviter que la mer ne les emportent comme c’est le cas pour certaines tombes déjà englouties. Les habitants récupèrent les squelettes de leurs défunts qu’ils lavent à l’eau et sèchent au soleil avant d’aller les enterrer dans un autre endroit plus en sécurité, loin de la mer. «Vous voyez ici les squelettes de mon feu père mort il y a de cela quinze ans. La mer a failli emporter la tombe. J’ai donc vite récupéré les ossements que je vais enterrer ailleurs», a déclaré Jean Sossavi, pêcheur et cultivateur. «J’ai tout perdu. Ma maison est complètement détruite. De plus, les tombes de mes parents ont été avalées par la mer», renchérit Samuel Mèdjan, pêcheur.

    En effet, les populations de Djondji vivent cette année les moments les plus difficiles de leur existence. Comme pour se venger d’elles, la mer, en colère, s’est déchaînée et l’érosion est en train de ravager le village occasionnant de nombreux dégâts.  Plus de 40 habitations ont été entièrement  détruites au cours du mois de mai 2009. Même le cimetière subit les affres de l’érosion.

     

    «…Nous ne pouvons pas abandonner notre village...»

     

    Situé en bordure de la mer, le village de  Djondji est habité depuis des lustres par des populations de pêcheurs. Menacée par l’érosion côtière, cette localité risque dans quelques années, si rien n’est fait pour freiner l’avancée des eaux, de disparaître de la carte du Bénin comme les quartiers Donatin, Tokplégbé, Finagnon, Akpakpa-Dodomey et Jak à Cotonou, selon une étude publiée en 2007 par l’International Institute for Environment and Economic Development (IIED), un organisme britannique. L’artiste musicien Ebawadé originaire de Djondji a ses parents qui vivent près de la mer depuis plus de cinquante ans. «L’érosion nous menace, confie-t-il. Nous avons envie de partir d’ici mais ne pouvons pas puisque c’est notre village. Nous ne pouvons pas abandonner notre village. C’est notre identité. C’est ici que nos parents nous ont mis au monde, qu’ils ont été enterrés mais malheureusement certains emportés par la mer. C’est ici que nos enfants sont nés. Si nous quittons ici, à quel village allons-nous appartenir ? J’appelle les autorités à notre secours». «Djondji, c’est la terre de nos ancêtres et nous ne pouvons pas quitter ici. La mer était loin de nous quand moi j’étais enfant. Aujourd’hui, elle s’est rapprochée et nous envahie. Il faut que les autorités nous aident à trouver une solution», lance Samuel visiblement dépassé par le désastre. Un appel entendu puisque le président Boni Yayi  s’est rendu à Djondji  le 08 juin 2009 pour constater les dégâts de l’érosion côtière et apporter son soutien aux sinistrés. Selon les explications fournies au président Boni Yayi par les populations,  cette érosion est due à la fermeture de l’embouchure entre le fleuve Mono et l'océan Atlantique située dans ce village. «Si on procède à  l’ouverture de  l’embouchure du fleuve, on aura plus ce problème», a dit l’artiste musicien Ebawadé à Boni Yayi. Selon Gilbert Medjè,  président du Front Uni de lutte contre l’avancée de la mer (FULAM), une association  qui s’est battue pour faire arrêter le prélèvement du sable marin à des fins économiques, on ne doit pas s’arrêter seulement à l’ouverture de l’embouchure du fleuve. «L’ouverture de l’embouchure ne va faire que atténuer ou déplacer le phénomène. Il faut réaliser des épis le long de la côte béninoise depuis Cotonou Est jusqu’à Hilacondji», déclare-t-il. Une solution préconisée aussi par l’IIED face à la menace de l’érosion imputable aux changements climatiques.


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  • Santé maternelle au Bénin

     

    Séquestrés à la naissance à cause de 43.000 FCFA

     

    Au Bénin, il est de plus en plus difficile d’être papa quand on est trop pauvre. De nombreux nouveaux-nés sont souvent séquestrés pour contraindre les parents à payer les frais d’accouchement. C’est le cas de Valdez et Valdine, deux jumeaux prisonniers à la naissance avec leur maman  à cause de quarante trois mille (43.000) francs CFA soit  environ 66 euros.

     

    Christophe D. ASSOGBA

     

    Quand ils étaient encore dans le ventre de leur mère, Valdez et Valdine n’auraient jamais pensé vivre les premières heures de leur existence sur la terre en qualité de prisonniers. Et pourtant, les  deux jumeaux que dame Ghislaine Dossou-Yovo, 20 ans  a mis au monde entre 3 heures et 4 heures du matin le lundi 15 juin 2009  ont été des détenus quelques heures après leur naissance. En effet, Martin Aféto, 36 ans, docker, père des jumeaux et mari de Ghislaine était incapable de payer  les frais d’accouchement qui s’élèvent  à  43.000 FCFA soit  environ 66 euros. C’est ainsi que les deux nouveaux-nés et leur mère ont été faits otages par la sage-femme affectueusement appelée «Maman Ro». Celle-ci exige au père des enfants le payement de la totalité  des frais d’accouchement avant de libérer sa femme et ses enfants pour regagner leur domicile au quartier Fifadji dans le 9ème arrondissement de Cotonou, la métropole économique du Bénin. «Quand ma femme a accouché, j’avais seulement 1500 FCFA en  poche. Dans l’incapacité de payer les 43.000 FCFA de frais d’accouchement, la sage-femme séquestre ma famille. Ma femme et mes enfants sont envoyés au domicile de la sage-femme au quartier Sainte Rita avec la consigne ferme que quand je payerai, ils seront libres. Elle a fait prisonniers ma femme et mes enfants pendant une semaine», confie Martin Aféto. D’après ses explications, pendant leur détention au domicile de «Maman Ro», Ghislaine et ses nourrissons  étaient enfermé dans la maison et surveillés comme du lait sur le feu. Décidé à faire libérer sa famille et à laver la honte auprès de sa belle famille, Martin réussit à mobiliser 20.000 FCFA mais la sage-femme refuse de prendre cette somme et la lui jette à la figure. «J’ai fais le tour de la ville et j’ai pu trouver 20.000 francs pour qu’elle libère ma famille mais elle a refusé et rejeté l’argent estimant que je me moque d’elle. Cela m’a fait beaucoup mal mais…», déclare le pauvre docker qui dit n’avoir  pas baissé du tout les bras pour la libération de sa famille. «J’ai  enfin payé 35.000 FCFA avant qu’elle ne libère ma famille», a-t-il indiqué. Il ajoute : «Il me reste encore 8.000 FCFA à payer». Et tant que Martin ne va pas payer le reste, il ne pourra jamais rentrer en possession des fiches de naissance de ses jumeaux. La sage-femme a été très ferme et sans pitié dans ce sens, confie-t-il: «Elle m’a dit que si je ne paye pas les 8.000 francs, je ne pourrai pas prendre les fiches de naissance de mes enfants en vue de l’établissement de leurs actes de naissance à la mairie». Ce n’est pas la première fois que Martin est victime d’une telle situation. Quand Stéphane, son premier enfant est né, la même sage-femme avait confisqué la fiche de naissance de l’enfant pour le contraindre à payer la totalité des frais d’accouchement évalués à 30.000 FCFA. «A la naissance de Stéphane, témoigne-t-il, je n’avais pas aussi de l’argent pour payer les frais d’accouchement qui s’élevaient à 30.000 francs. J’ai donc payé un peu un peu. Mais elle avait confisqué la fiche de naissance. J’ai retiré la fiche de naissance huit mois plus tard. Il a fallu que je ramasse une tontine de 60.000 francs pour que je puisse payer la dette et établir un acte de naissance à mon enfant. C’est cette tontine qui m’a sauvé et j’ai pu établir un acte de naissance à Stéphane. Sans quoi, il ne peut pas commencer la maternel cette année». «Ma patronne travaille bien. Tout le monde le reconnaît. Mais elle est impardonnable lorsqu’il s’agit de son argent. Elle n’hésite pas à confisquer les fiches de naissance ou à garder les nouveaux-nés pour que leurs parents lui payent les frais d’accouchement avant de les libérer», témoigne sous anonymat une aide soignante membre du personnel soignant de la clinique de Maman Ro.

     

     

    Le privé aussi

    Martin est loin d’être le seul dans ce cas. De nombreux parents incapables de payer les frais d’accouchement sont victimes de cette pratique dans les hôpitaux publics. «Il y a beaucoup de femmes qui ont accouché et qui sont gardés ici parce qu’elles n’ont pas payé les frais d’accouchement. Elles sont nombreuses dans les salles d’hospitalisation des mères (bâtiment  B et D)», assure Jeannot Adelami, Aide de salle à l’Hôpital de la mère et de l’enfant Lagune de Cotonou (Homel). Il ajoute : «Dès que le  service social va payer les frais, elles seront libérées. Mais en  attendant l’étude de leur cas, elles sont gardées». Les dames rencontrées n’ont pas voulu témoigner de peur de faire pièce à leur dossier en étude au service social. «De plus en plus, des hommes de bonnes volontés et d’Organisation non gouvernementales (ONG) viennent contribuer pour la libération des indigents», confié Fagbohoun A.,  infirmier à Homel.

    La séquestration des bébés à la naissance pour contraindre les parents à payer les frais d’accouchement est une spécialité des hôpitaux publics. A preuve, en octobre 2007, n’eut été la réponse prompte et l’aide du Chef de l’Etat, Boni Yayi  à ses supplications sur la chaîne de télévision Canal 3 Bénin, les quadruplets que Julienne Hounsa avait accouché à l’hôpital de zone de Calavi auraient connu  le même sort que les jumeaux de Martin Aféto.  Mais le phénomène est présent également dans le secteur privé hospitalier. Combien de centre de santé privé s’adonne à une telle pratique. On ne peut connaître le nombre exact. Ce que nous savons, néanmoins, c’est en partie pour mettre fin à cette pratique que le gouvernement a décrété la gratuité de la césarienne dans les hôpitaux publics. S’il est vrai qu’avec la mise en vigueur depuis le 1er mai 2009 de  cette mesure sociale que le phénomène semble avoir baissé dans les hôpitaux publics, il n’en demeure pas moins des risques de contamination du privé. «Quand une structure publique séquestre les nouveaux-nés, n’aller pas demander au privé le contraire puisqu’il paye beaucoup de taxes à payer», affirme Martin Assogba, Président de Alcrer, une ONG qui s’investit dans la défense des droits humains, la lutte contre la corruption, la mauvaise gouvernance et la promotion des valeurs citoyennes au Bénin. «C’est l’irresponsabilité qui conduit les autres à séquestrer les mères et à violer les droits de la personne humaine», conclut  Martin Assogba. 


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