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    Assemblée nationale
     
    Report sine die des débats jusqu'à l'installation de tous les conseils communaux
     
    (Les députés du G4, G13 et force clé appel le gouvernement au respect strict des lois de la République)
     
    Hugues Elphège Patinvoh (collaborateur)
     
    L'examen en séance plénière des trois projets de ratification portant tous sur la protection de la côte Est de Cotonou a été ajournés sine die sur proposition du député Georges Bada du groupe parlementaire « ADD-Nation et Développement », conformément à l'article 46 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale. C'est le président Mathurin Nago qui a prononcé l'ajournement après consultation de la plénière qui l'a voté par 45 voix pour et 36 contre en présence des ministres Alexandre Hountondji et François Noudégbessi.
     
    Hugues Elphège Patinvoh (collaborateur)
     
    Après le report lundi dernier de l'ouverture de la session extraordinaire demandée par le gouvernement pour l'examen et l'adoption des trois projets de loi portant autorisation de ratification des accords de prêt relatifs à la lutte contre l'érosion côtière sur la côte Est de Cotonou, les députés se sont retrouvés ce jeudi 17 juillet, soit 72 heures après le report conformément aux dispositions légales pour la poursuite des débats. Malheureusement et pour une énième fois, les débats ont été reporté et mieux, sine die. En effet, ouverte curieusement assez tôt aux environs de 9h 45mn, la plénière a écouté la lecture des communications et l'appel à siéger du suppléant de feu Anani Adébayo Abimbola, l'ingénieur en agronomie  Babatoundé Kapko Zannou en lieu et place du disparu.
    Tout portait donc à croire que les choses allaient se passées sans difficultés, surtout après avoir écouté la lecture des rapports présentés par la commission du plan, de l'équipement et de la production sur les accords de ratification à l'ordre du jour. Coup de théâtre, alors que le président Nago allait ouvrir le débat général comme l'exige la procédure en la matière, le député Georges Bada du groupe parlementaire « ADD-Nation et Développement » demande et obtient une suspension de 30 minutes pour le compte de son groupe.
    A la reprise deux heures de temps après, la parole lui fut donné pour donner les raisons de la suspension obtenue.
    Selon le député Bada, après analyse des projets inscrits à l'ordre du jour, ses collègues, élargi à ceux d'autres groupes ont manifesté un intérêt particulier à ratifier les trois projets de loi. Selon lui, aucun député ne peut refuser de voter une loi qui milite en faveur de l'intérêt des populations qui les ont mandaté. Cependant, il a fait remarquer que les populations bénéficiaires ont leurs mots à dire dans sa réalisation surtout que les bailleurs exigent aussi leur implication. Les populations de Sèmè-Kpodji étant aussi bénéficiaires comme d'autres, comment alors obtenir cette adhésion si jusque là, leur conseil communal n'est pas encore installé conformément aux dispositions légales. Voilà pourquoi, ces députés demandent au président de l'Assemblée nationale d'appliquer l'article 46 qui ordonne l'ajournement sine die sans débats. Ainsi souhaitent-ils donc, que le gouvernement procède au respect de la loi en installant tous les conseils communaux, sans exclusion avant toute poursuite des débats à l'Assemblée nationale.  Pour ces députés, il faut respecter les textes de la République sinon, ces lois qui vont être votées, risquent de ne pas être exécutées comme cela se passe dans le cadre des conseils communaux.
    Le président Mathurin Nago a alors consulté la plénière souveraine, qui a entériné cette proposition d'ajournement des débats en votant par 45 voix pour et 36 contre. Notons qu'après le report, les députés auteurs dudit report ont donné une conférence de presse au cours de laquelle, Eric Houndété, Clément Houngninou, Epiphane Quenum et Bako Arifari ont reprécisé aux journalistes les deux raisons fondamentales qui les ont motivé. Il s'agit d'une raison technique qui est l'exemple du Ghana cité alors que les députés n'ont pas inspecté et la raison politique qui est connue et qui a trait à la non installation de tous les conseils communaux élus et proclamés par la CENA. Ils ont invité les hommes et femmes des médias à éviter la banalisation de l'institution en essayant au temps que faire se peut de dire ce qui est exactement et d'éviter la désinformation et l'intoxication des populations.
     
     
     
    Suite des réactions de quelques députés après le report sine die
     
    Amissétou Affo Djobo : Député FCBE, 2ème secrétaire parlementaire
    C'est déplorable. C'est dommage que les gens mélangent questions politiques et ratification qui doit apporter un plus pour la vie des populations. Et c'est regrettable, car le vote de la loi n'a rien à voir avec l'installation des conseils communaux.
    André Dassoundo : Député FCBE, 1er vice président du parlement
     Les négociations doivent se poursuivre avec les collègues de l'autre côté et cela se fera pour l'intérêt supérieur de la nation. S'agissant de l'installation des conseils communaux, le gouvernement a déjà donné le top. Cela a commencé et va terminer d'ici à là. 
    Rachidi Gbadamassi : Député G13
    Le Bénin est un Etat de droit, bâtit sur la constitution du 11 décembre 1990 que chaque institution ou citoyen doit respecter. Alors contrairement à ce qui est dit les députés n'ont pas refusé de voter les autorisations de ratification, mais ils ont simplement reporté sine die. En tant qu'élu du peuple aucun député ne peut jamais voter une loi contre le peuple qui l'a mandaté. On peut être contre un régime, mais jamais contre un peuple, car être contre le peuple signifie remettre la démocratie en cause. Alors les députés demandent humblement au Chef de l'Etat, chef du gouvernement, président du conseil supérieur de la magistrature, garant de la sécurité et chef suprême des armées, de ramener la balle à terre et de faire respecter les lois de la République. Je ne comprend pas pourquoi le gouvernement, ne veut pas installer les conseils communaux ou faire respecter l'autorité des textes, alors qu'en son temps, il a usé de tous les moyens pour faire respecter l'autorité de l'Etat dans certains cas comme celui de l'installation du DG de la Douane béninoise, malgré les protestations des syndicats. C'est sûrement parce que la FCBE est en difficulté dans ces communes. Il faut que la constitution de la République dont le Chef de l'Etat, est pourtant le garant, soit respectée. Il urge aujourd'hui donc, que les conseils communaux soient installés afin de corriger la discrimination  et préserver la paix pour le bonheur des populations qui n'aspirent qu'à un minimum, de mieux être.
     
    Propos recueillis par Hugues Elphège Patinvoh (collaborateur)
     

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