• 3ème Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide: Le point des discussions au niveau des neuf tables rondes

    3ème Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide


    Le point des discussions au niveau des neuf tables rondes

    Neuf tables rondes parallèles ont meublé les travaux du 3ème Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide. La première table ronde a porté sur le premier principe de la Déclaration de Paris : l'Appropriation.  Au cours de cette table ronde, les participants ont centré leurs propos sur la responsabilité démocratique et la qualité des politiques et des systèmes nationaux. De l'avis général des participants à ce panel, les instances parlementaires, les collectivités locales, la société civile et les organisations du secteur privé doivent être associés plus étroitement aux efforts à travers le renforcement de leurs capacités. Il a été également souhaité l'accès à l'information de développement. De nombreux communicateurs ont insisté sur le fait que les capacités ne se limitent pas aux capacités humaines. Elles dépendent également de la qualité des politiques, des institutions et de la gouvernance. «Il convient de suivre une approche systématique en matière de renforcement des capacités, appuyée par une assistance technique adaptée à la demande et dans laquelle la coopération Sud-Sud et triangulaire peut jouer  un rôle crucial». Le débat a aussi porté sur les conditionnalités. Certains participants ont estimé que la conditionnalité est un obstacle à l'appropriation tandis que d'autres ont fait savoir que l'appropriation peut-être renforcée en «liant les programmes d'aide à des principes fondamentaux tels que l'égalité entre hommes et femmes, le respect des droits de l'homme et la démocratie. De l'avis général, les conditions doivent être mutuellement convenus. En ce qui concerne la seconde table ronde sur le principe de l'Alignement, les participants notamment des experts ont fait observer que l'alignement nécessite une relation de confiance et que la conditionnalité était la meilleure preuve d'un manque de confiance. Ils ont aussi estimé que le dialogue, terrain d'entente entre les bailleurs de fonds et les partenaires a été trop limité, superficiel et fragmentaire et ont évoqué la «nécessité de forger une nouvelle relation d'aide fondée sur un véritable partenariat». Au cours des débats, de nombreux participants ont exprimé leur amertume face au refus des bailleurs de fonds d'utiliser les systèmes nationaux. Certains participants se sont déclarés préoccupés par l'insuffisance d'aide  fournie. La table ronde 3 ouverte avec un groupe de rock et un film sur le thème défini par les coprésidents Keith Muhakanzi de l'Ouganda et Ingrid Gabriela de l'Allemagne. Les débats ont porté sur de nombreuses questions comme la division du travail, le renforcement des capacités. S'agissant de la division du travail, Talaat Abdel-Marek a déclaré que « l'autoroute du développement est de plus en plus fréquenté et il faut de nouvelles règles de la circulation ». Les participants ont fait constaté que les thèmes tels que les droits de l'homme, l'égalité des sexes, l'environnement ne sont pas pris en compte dans la Déclaration de Paris. Ils ont également soulevé toute une liste de problème d'harmonisation : cadres juridiques divergents, exercice de la responsabilité des bailleurs de fonds, manque de coordination. Dans la salle de réunion 2  de Accra international conférence centre pleine comme un œuf, les participants à la table ronde 4 ont échangé sur la gestion axée sur les résultats, un des principes de la Déclaration de Paris. Au cours des discussions, les participants ont été nombreux à considérer que les résultats de développement avaient été étroitement considérés sous l'angle du développement économique, pratiquement sans tenir compte des questions des droits de l'homme et ceux des femmes. Sur le plan de la responsabilité mutuelle, thème de la table ronde 5, Mary Robinson a noté dans son introduction liminaire que les conclusions du rapport d'évaluation de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris, la responsabilité mutuelle demeure l'élément le moins bien compris de l'efficacité de l'aide au développement. Les participants à ce panel ont été d'accords sur les obstacles au renforcement de la responsabilité mutuelle. Ils ont également défini les mesures spéciales à prendre : renforcer le rôle des pays partenaires et rééquilibrer le rapport de forces entre ces pays et les bailleurs de fonds, localiser la politique d'aide, améliorer la transparence et la régularité des flux d'aide et améliorer la qualité des données utilisées pour les décisions en matière de développement. La société civile était à l'honneur à la table ronde 6. Principale acteur du Forum d'Accra, la société civile a formulé des recommandations spécifiques  sur les modalités de collaboration avec elle et les moyens dont ses organisations peuvent bénéficier pour devenir des acteurs plus efficaces. «L'une des caractéristiques du Forum d'Accra a été la large participation des organisations de la société civile», a déclaré Antonio Tujan, président du Groupe de coordination des organisations de la société civile. Les participants à ce panel ont reconnu le bien fondée  et le rôle crucial  des Osc dans le processus de développement et ont souhaité qu'elle soit pris en compte dans l'architecture de l'aide au développement.  S'agissant de la table 7 sur la fragilité et conflit, les participants ont indiqué que les pays qui ont plus besoin d'aide sont les Etats fragiles. Le point de vue général est que l'aide soit être disponible rapidement pour créer une «dividende de paix» en mettant l'accent sur la reconstruction des institutions d'Etats et la nécessité de faire face aux besoins immédiats de survie des pauvres. Consacrée à la mise en œuvre de la Déclaration de Paris au niveau sectoriel, la Table ronde 8 présidée et animée par Ricardo Arias du Honduras et Anders Nordstrom de la Suède a attiré une large participation comme celle de la société civile.  Au cours du débat animé par un groupe de 11 experts, des exemples ont été examinés dans les secteurs tels que l'éducation, la santé, l'infrastructure et l'agriculture. Les participants ont reconnu que des progrès ont été accomplis dans tous  les secteurs sauf dans l'agriculture où l'aide n'est pas plus efficace et a diminué de près de 50% au cours de la dernière décennie. De l'avis des participants à cette table ronde, il faut adopter une approche programme globale pour examiner ensemble tous les secteurs de façon à améliorer la cohérence, à faire des arbitrages et à prendre en compte les facteurs intersectoriels et macroéconomiques. «Il importe également de nouer des partenariats au-delà des administrations centrales, avec les collectivités locales, les organisations professionnelles, les organisations de la société civile et les partenaires privées». Les participants ont souligné avec force qu'une approche sectorielle n'est pas un instrument de financement efficace. La table ronde 9 sur l'architecture de l'aide a permis aux participants d'insister sur le fait que les bailleurs de fonds doivent souscrire aux déclarations et  accords internationaux en matière d'aide. Ils ont aussi insisté sur la nécessité d'intégrer les fonds destinés  à des programmes d'envergure mondiale dans les plans nationaux et de faire en sorte que ces fonds servent à renforcer les capacités et les institutions dans différents secteurs. Ils ont enfin reconnu que les organisations de la société civile portent plusieurs casquettes et qu'il faut étudier le rôle qu'elle devait jouer dans la nouvelle architecture de l'aide.

     


    Christophe D. ASSOGBA, depuis Accra,  Ghana

     


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